la collection
QUÉHEILLARD Simon - France

Oeuvres :

- Flaques-Méthode d’observation, Ce que sous les yeux 2 - 14 min. 40 - 2004

- Ce que j’ai sous les yeux - 8 min. 40 - 2003

Biographie :

Né à Bordeaux le 13 mai 1977.
Vit à Paris. Travaille entre Bordeaux et Paris.

Pourrais-je extraire l’image si elle n’était pas vraiment là

Ma perception d’un endroit est souvent limitée de manière frustrante. Ce que je peux faire, au prix parfois d’efforts pénibles, paraît soudain tellement évident qu’il est incroyable que je ne l’ai pas vu auparavant. Ce que j’ai sous les yeux se manifeste souvent comme la présence secrète d’une image complexe dans un tapis persan.

C’était il y a trois ans.

J’ai découvert la rue Villiers de l’Îsle-Adam qui est une rue magnifique. Une sorte d’enclave dans le quartier. Ella pourrait être nommée une place ou une impasse c’est-à-dire tout ce qui implique l’arrêt. J’y ai passé de longues heures (mon poste-observatoire), beaucoup de mes expériences de flaques ont été faites ici. J’y retourne sans cesse, allant chaque fois plus loin. La rue est comme un double entonnoir, étroite à ses extrémités, de sorte que l’on y est toujours à l’écart du bruit. Des sons resurgissent. Ici est le lieu où j’ai appris.

Il arrive parfois qu’au cours d’un travail, certaines questions deviennent sous-jacentes à toutes autres activités. C’est alors que vos expériences (aussi infimes soient-elles) se mettent à contenir le monde entier. Comme un filtre qui donne de la lisibilité. Cette précarité des expériences peut aussi nous conduire à penser l’existence d’un monde clos, limité, et réduit à deux ou trois choses : cette réduction comme le gage d’une nécessité. Je pensais à ce qu’Anaximène dit à propos du souffle et du vent : « avec eux, l’existence de tout le reste devient possible ».

Simon Quéheillard


ˆ