les activités
 
- GALERIE VILLA DES TOURELLES. AVENIDA BRASIL, une exposition proposée par Sandrine MOREAU

9 rue des Anciennes Mairies 92000 Nanterre
du 9 novembre au 10 décembre 2005


Proposition du travail d’Edson BARRUS, artiste brésilien

Les artistes :
Lucas Bambozzi, Edson Barrus, Cao Guimaraes, Simone Michelin.

Partenariat :
Une sélection réalisée en partenariat avec Vidéoformes (Clermont-Ferrand), "est-ce une bonne nouvelle" (Paris), l’artiste Edson Barrus, et la critique d’art spécialiste de l’art contemporain brésilien Muriel Caron.

crédit photographique : © Edson Barrus


Présentation de l’exposition : Avenida Brasil

Sélection de vidéos quatre artistes brésiliens : le poétique Guimaraes, Bambozzi et ses interrogations sur le contrôle des médias, les performances enregistrées de Barrus et Michelin qui s’attache à rapprocher le son de l’image.

Communiqué de presse (de Muriel Caron)
A l’instar de l’immensité du territoire brésilien qui se découpe en une multitude d’états aux pratiques culturelles diverses, nombreux sont les artistes brésiliens pratiquant l’art vidéo dans des orientations multiples. Plutôt qu’une thématique, c’est la diversité des pratiques qui a été privilégiée dans cette sélection de quatre artistes, insistant toutefois sur la vidéo comme enregistrement d’une donnée.

L’éclectisme qui est une caractéristique de l’art brésilien, avatar de l’anthropophagie, se retrouve au sein d’une même production comme on peut le constater avec Lucas Bambozzi qui, plusieurs fois primé à des festivals de cinéma et de vidéo témoigne d’une profusion de pistes d’investigation. Usant aussi bien du super 8 que du support numérique, maniant avec virtuosité la technique du montage, Bambozzi, empreint de cinéma, mêle à l’envi les genres documentaires, fictionnels et narratifs. Chacune de ses vidéos est l’occasion d’interroger les nouvelles formes de contrôle et d’invasion de la vie privée qui accompagnent l’utilisation des médias. La confrontation des médias avec le réel est traduite par l’inscription de zones de réversibilité dans la vie et le langage. Ainsi Cultura rassemble une série de sept séquences vidéos évoquant le reportage documentaire en forme de micro trottoir dans différentes villes du pays interrogeant les gens sur la représentation de la culture. Tourné dans plusieurs villes, Aqui de novo a la forme d’un essai vidéo qui traite d’absences, de définitions floues et des contradictions contemporaines.

L’univers du nordestin Cao Guimaraes est le plus poétique. Da janela do meu quarto (De la fenêtre de ma chambre) montre en mode ralenti le ballet de deux enfants jouant à se battre sous un temps de pluie. La vidéo fascine par cette prise de vue de haut et ce ralenti qui transforment les éclaboussures, les jeux de jambe, en une chorégraphie au rythme soutenu. Blow offre une perception aérienne, volatile à partir d’une immense bulle qui se déplace et se recompose au gré du vent donnant une sensation d’inquiétante étrangeté. Blow décrit la relation entre le dedans et le dehors, la transparence multiforme de la bulle reflétant le monde qui la contient.

Edson Barrus utilise la vidéo pour documenter une performance ou enregistrer des actions. L’image n’est pas retravaillée après la prise de vue, le montage est volontairement simple. Avec Formigas urbanas, il collectionne les points de vue de sa fenêtre sur les divers petits travailleurs qui tirent ou poussent leur charge, camelots qui arpentent les rues de Rio. Dans un plan ininterrompu à l’avant d’une voiture, la caméra parcourt l’Avenida Paulista, longue artère au coeur de Sao Paulo, concentré des pouvoirs financiers et médiatiques en son centre et de constructions plus éclectiques en sa périphérie. Toujours dans un contexte urbain, V est un long plan séquence le long d’un tunnel autoroutier, le Holland Tunnel, à la sortie de New York. La caméra, braquée sur le défilement des néons, s’arrête à l’arrivée de la lumière naturelle. Palestine libre est une image captée lors d’une manifestation à Paris. Le drapeau flottant suffit à lui seul à donner tout son sens à cette vidéo.

Simone Michelin déplace les points de vue, accorde avec brio l’image et le son et tout comme Lucas Bambozzi multiplie les champs d’investigation. Sur fond de chanson d’Elvis Presley, Lonesome montre un couple de jeunes coréens lors d’une séance de photographies de mariage dans le jardin d’hiver du World Financial Center buiding, à New York. Simone Michelin semble insister sur l’assimilation abusive des minorités qui vont jusqu’à reproduire les clichés d’un mariage à l’occidental. Intervales entros coisas est une vidéo ludique en forme de photomontage où Michelin se place entre Muntadas et Moholy, histoire de nommer ses pairs (ou pères). On pense bien évidemment à l’artiste espagnol Antoni Muntadas, pourfendeurs des médias dans les sociétés de contrôle et au constructiviste hongrois Laszlo Moholy-Nagy. One minute ou Abominables rides abdominales fait référence à un texte de Duchamp : Abominables fourrures abdominales. Gros plan sur un nombril qui se plisse dans des poses grotesques, la vidéo joue avec les mots.

 
 
 
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