la collection
BARRIÉ Nicolas - France

Oeuvres :

- Pont-CroiX, Superman, Landuguentel - 2005
Pont-CroiX : 6 min. 39
Superman : 2 min. 55
Landuguentel : 7 min. 18

- Tommaso - 6 min. - 2005

- La Maison d’Arthur Rimbaud - Maison des Ailleurs - 2004

- Mafish Durrell - 52 min. - 2003

- It is quicktime o’clock - 52 min. - 2001

Biographie :

Un papa musicien bee bop saxo ténor. Basque, né à Saint-Jean- de-Luz, il adore nous faire des cadeaux et des farces à Noël. Il nous enveloppe de ses gammes, du son d’Hawkins, Coltrane et Parker. Il achètera son premier 33 tours de Jimmy Hendrix à ma soeur Catherine. Une maman vraie maman qui me fait les meilleurs gâteaux à la poêle du monde. Elle est la plus belle. J’adore visiter le Louvre, le musée de la Marine et le musée de l’Homme avec elle. Au musée de l’Homme, j’adore la tête coupée Jivaro. Deux soeurs plus grandes me font découvrir très jeune J.Hendrix, Pink Floyd, les Doors et les Rolling-Stones. Je croise souvent leurs amoureux. Pour ma soeur Catherine, son grand amour. Je copie pendant quelques années tout ce que fait ma soeur Agnès âgée d’un an de plus que moi. Elle peint toute sa chambre en bleue, je peins toute ma chambre en orange, la couleur complémentaire du bleu. Je ne le sais pas encore. Ma soeur Catherine est ma très grande soeur. Elle est première en classe, cela m’impressionne. Elle veut partir en Inde aider les pauvres. Elle partira à Nîmes. À Marseille, elle se consacrera à sa famille et à ses pauvres élèves.
Trois images fortes et marquantes ont ponctué le passage de mon enfance à mon adolescence. Trois décapitations. La première à la télé en noir et blanc. C’est la guerre d’Algérie, ma mère m’envoya vite me coucher, j’avais entre 3 et 7 ans. Le lieu de mon lit, le boulevard Soult à Paris. Un autre souvenir de têtes volantes est une photo dans le magazine "Photo". Une brochette de têtes suspendues à un long bâton. La guerre du Vietnam. Je trouve ce magazine entre 9 et 13 ans dans la cave de mes voisins. Elle n’est jamais fermée. Ils ont aussi "Lui" et "Playboy". J’habite rue Bonnat à Toulouse. La troisième guillotinade, c’est une histoire horrible dans " Cree" un magazine de bandes dessinées, interdit à la vente aux enfants. Le marchand est gentil. Il me le vend. Je suis au CM2, la classe avant le collège. La maîtresse nous propose un sujet en dessin, la guerre du feu d’après le livre "la guerre du feu". Je m’applique sur une tête de femme, coupée et ensanglantée. Ma maîtresse convoque ma mère, elle lui demande ce qui tourne mal dans ma tête.
Au collège, je découvre le ciné-club avec Claude Jean-Philippe. Le vendredi soir devient le jour le plus important pour moi. Je veux devenir réalisateur de films. "Le septième sceau" me poursuivra. Au lycée, je vais dans une section arts plastiques. Mes nouveaux camarades me font lire la revue " Métal hurlant". Rien ne va plus avec les Sex Pistols, Iggy Pop, Clash and The Stooges et les Ramones.
À la fin de l’année scolaire, je suis mis en vie active. Je l’annonce à mes parents. Ils ne sont pas contents du tout. Cette même fin d’après-midi, mon beau-frère nous invite au vernissage de son exposition de photos à "la galerie Voir" de Toulouse. Des portraits de chiens abandonnés. Je passe un premier concours d’entrée aux Beaux-Arts. Le sujet en couleur est la fête. Je rends ma feuille peinte en noir. On ne me prend pas. Ma note : 2.
Quelques mois plus tard, Je vends du vin et le bois pour me faire des sous et voyager. Italie, Portugal, Espagne. Je dessine beaucoup à l’encre de Chine avec une plume, c’est presque de la gravure.
Je repasse le concours des Beaux-Arts. J’écris sur une action de l’artiste Ben. Il est photographié face à nous avec une pancarte qui balance un "regardez- moi, cela suffit". Mes futurs enseignants aiment mon choix. Je suis pris aux Beaux- Arts de Toulouse. Je découvre la peinture, je veux devenir un grand peintre tous mes copains aussi.
Cinq ans passent. On devient des diplômés en arts plastiques. Quelle chance.
En 1996, redevenu parisien, je me précipite au Mexique dire bonjour aux zapatistes et à Marcos mais pas aux militants étrangers, véritables crétins. Je réalise ma première vidéo "Hermanos Hermanas" en réponse à ce voyage, à cette révolution.
La peinture deviendra bientôt un souvenir tout comme mon atelier d’artiste dans la fauverie du Zoo de Vincennes avec le lion et le tigre pour compagnons, etc...


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