les activités
 
- BIENNALE DU LIVRE D’ARTISTES

Montflanquin
Les 7 et 8 août 2004


à l’invitation de Jean-Claude Loubières

ARTISTES PRÉSENTÉS le 7 :
Christian BARANI - Laëtitia BOURGET - Sandra FOLTZ - Augustin GIMEL - Julien GOURBEIX - I.A.T. (Anne CLEARY et Denis CONNOLLY) - Sabine MASSENET - Régis PERRAY - Corinna SCHNITT

ARTISTES PRÉSENTÉS le 8 :
Loïc CONNANSKI - Isabelle DEHAY - frédéric dumond - Maïder FORTUNÉ - Jérôme GRAS - Patrick HÉBRARD - Germain HUBY - Nathalie JOHANNES - Miles KINGSLEY McKANE - Tilo LAGALLA- Édouard LEVÉ - David ORTSMAN Jaap de RUIG - Franck et Olivier TURPIN - Frank WESTERMEYER et Sylvie BOISSEAU

Nombre de spectateurs : 60

crédit photographique : © Isabelle Dehay (Mes doubles)


Le 7 août 2004 :

Christian BARANI (France) :
Trous bleus. 33 min - 2002
Népal.
Mêlant des images vidéos et des images tournées en super 8, des textures et des durées hétérogènes, la trame de ce film tourné au Népal est celle d’une avancée vers les terres reculées du pays, des premiers contacts à l’atterrissage avec la ville de Katmandu vers les sommets de la chaîne himalayenne.
En alternance avec les images, sur panneaux noirs, au cœur du dispositif filmique, un récit évoque le massacre récent de la famille royale et des bribes des vicissitudes politiques actuelles d’un pays en marge.

Laëtitia BOURGET (France) :
Biotope. 17 min - 2001
Une vidéo et une série de photos autour de l’existence quotidienne d’une vieille femme mise en relation avec les petites formes de vies parasites qui subsistent au sein d’un environnement urbain. Cet environnement apparaît comme un terrain propice au développement de petites vies, minuscules, autodéterminées et improductives. Une sorte de milieu naturel sans logique industrieuse, simplement occupé par des petits êtres chacun à leur place. Un lieu idéal pour s’éteindre doucement.

Sandra FOLTZ (France) :
Le train-train du chauffeur de car. 5 min 10 - 2004
"Le train-train du chauffeur de car" est monté à partir d’éléments épars filmés au hasard de plusieurs voyages, en Autriche, en Espagne, en Turquie. J’ai voulu reconstituer à partir de ces fragments divers, la continuité fictive d’un espace qui se déploie comme une ligne. Celle-ci trace une voie de passage entre des espaces de natures différentes. Malgré son apparition furtive, le chauffeur de car est le personnage central de cette vidéo. L’exploration de l’espace filmé est, en quelque sorte, la découverte d’un espace inconscient, personnel et intime qui pourrait être celui du chauffeur. Comme si une personne pouvait contenir en elle toutes les autres, les dormeurs, inconscients, peuplent son univers. Ces derniers et en particulier la femme renferment, à leur tour, d’autres personnages. L’espace se construit ainsi à partir d’une série de strates et de passages dont les frontières sont fragiles et ambiguës et où s’enchevêtrent le réel, l’espace de la subjectivité et celui de la représentation.

Augustin GIMEL (France) :
Je n’ai pas du tout l’intention de sombrer. 4 min 45 - 2002
Magma de béton, de verre et de métal d’où émerge une fente claire, faille-frontière entre obscurité et lumière. Lutte du concret et de l’éthéré.

Julien GOURBEIX (France) :
Invalides. 7 min - 2000
Des corps contraints dans l’espace confiné d’une station de métro. Un travail sur l’espace et le temps dans le sens d’une mise en forme de la violence diffuse et invisible du quotidien.

I.A.T. (Anne CLEARY et Denis CONNOLLY) :
- Les Scènes du boulevard (extraits). 2002
Un studio de production est installé dans un appartement, au 5ème étage, surplombant un boulevard du nord de Paris. Sous l’œil orwellien de la caméra, la vie quotidienne ou exceptionnelle du quartier succombe à la démarche expérimentale des deux réalisateurs. Performances burlesques ou musicales, chorégraphies, témoignages : le satyre d’IAT questionne la paranoïa sécuritaire, l’intégration des cultures et la place de l’artiste dans la ville. Pendant 12 mois, une caméra observe le Boulevard jour et nuit...
- Le couloir. 47 s
- Concrète. 2 min 14
- L’Arche. 1 min 59
- Barbès Bombay. 2 min 27
- Ressort. 2 min 27
- Papillons. 2 min 06
- Les Mains. 3 min 16
- Le Déluge. 2 min 53

Sabine MASSENET (France) :
Transports amoureux. 12 min - 2003
Des voix égrènent des petites annonces trouvées dans les rubriques « transports amoureux » et « messages personnels » du journal "Libération".
Des ombres passent, se figent, repartent. Certaines se croisent, d’autres sont immédiatement absorbées par le fond gris métallique sur lequel elles apparaissent.
Un décor unique, lieu de rendez-vous manqué, espace où sont convoqués la mémoire et l’oubli, où surgit puis s’évanouit l’image d’un autre, un jour croisé, aujourd’hui disparu.

Régis PERRAY (France) :
- Bataille de neige contre Tag Nazi. 3 min 30 - 2004
Dans cette seconde vidéo du diptyque "contre les tags nazi", Régis Perray ramasse la neige à ses pieds et la lance contre une des nombreuses inscriptions antisémites, ici "Les juifs au gaz", sur les murs de la ville de Lublin en Pologne. Ainsi pour l’hiver, la neige blanche recouvre, cache de façon éphémère ce tag.
- Ramassage des détritus dans le vieux cimetière juif de Lublin.
8 min 40 - 2003
C’est une promenade dans l’un des plus vieux cimetières juifs polonais où l’artiste ramasse les divers détritus laissés essentiellement par des Polonais qui les lancent par- dessus le mur ou les jettent au cœur même de ce lieu magnifique.
- Laver une épitaphe dans le cimetière protestant de Lublin.
3 min 40 - 2003
Une éponge et de l’eau réveillent, quelques instants, une épitaphe dans le mur de l’église protestante de Lublin, avant que l’eau ne s’évapore et que le marbre ne redevienne terne.

Corinna SCHNITT (Allemagne) :
The sleeping girl. 16mm. 9 min - 2001
Un quartier d’habitation résidentiel d’une ville énigmatique totalement désertique. Dans une atmosphère fantomatique et inquiétante par son manque de vie, seule la présence humaine d’une voix sur un répondeur téléphonique vient rompre ce silence.


Le 8 août 2004 :

Loïc CONNANSKI (France) :
Auto-filmeur acariâtre et prétentieux. Inventeur de la caméra DV, du montage virtuel, de l’interactivité et du ready-bad. En général les imbéciles n’aiment pas son travail. Loïc Connanski
- Bande Annonce. 2 min - 1994
- L’homme le plus chiant du monde. 3 min10 - 1995
La vidéo la plus chiante du monde.
- Nénesse café. 1 min 30 - 1995
À la télé, il faut toujours faire la publicité d’autre chose que de soi pour faire sa publicité.

Isabelle DEHAY (France) :
Mes doubles. 16mm. 6 min - 1999. Noir et blanc
La marche rythmée d’un homme dont l’ombre se dédouble, à travers un paysage fragmenté.

frédéric dumond (France) :
Les téléfictions
Les téléfictions sont un ensemble de pièces vidéos réalisées à partir d’émissions télévisées, principalement de séries américaines omniprésentes, parfois d’entretiens. Ce sont de courtes vidéos où chaque personnage se passe la parole, et produit ainsi un récit que le montage construit. Chacune est une fiction et un essai vidéo qui utilise les émissions télévisées comme un matériau de travail brut. Il s’agit d’en isoler des fragments qui permettent de basculer les séquences retenues sur un tout autre plan narratif et conceptuel, de manière à constituer un univers totalement différent, tout en conservant la trace de son origine.
- téléfiction #2. 2 min30 - 2003
- téléfiction #3. 3 min - 2003

Maïder FORTUNÉ (France) :
Everything is going to be alright. 7 min - 2003
À l’intérieur d’un cube blanc, un corps quasi nu saute et rebondit inlassablement sur les trois parois de l’espace fermé. Le cube blanc qui semble repousser l’humain en même temps qu’il le retient, est espace de suffocation. La répétition inlassable du saut (le son qui l’accompagne scande comme autant de coups) rend la promesse de sortie définitivement caduque.
Au fur et à mesure, les effets de ralenti opèrent une bascule du regard, au-delà de la violente contrainte spatiale qui lui est imposée. Le corps semble faire l’expérience de son inaliénable créativité, proche et lointain, le point de croisée des possibles trajets, le point d’une immobile mobilité.

Jérôme GRAS (France) :
- Testing. 3 min - 2002
"Une compilation d’actions marquées par la tentative, l’échec pour sonder le réel et ses contingences..."
- Défi. 6 min 50 - 2001
"L’Art est un sport comme les autres ; en conséquence, il nécessite un entrainement intensif..." Un personnage fait l’expérience douloureuse des principes de la "pensée positive" (self-motive) au travers d’une mise en scéne absurde.
- Ring. 2 min - 2002
"Il existe des lieux qui semblent porter en eux le fait divers, le psychodrame (aires d’autoroutes, zones péri-urbaines...), où l’on se dit qu’ici tout peut arriver... on imagine le pire". Une aire de parking désertée devient le théâtre d’un affrontement insolite et étrange. Un personnage y est en prise avec un objet récalcitrant.

Patrick HÉBRARD (France) :
- Double-Bind. 3 min - 2003
Le dispositif de tournage et le montage en double-bande mettent en évidence le jeu des forces et des pressions qui agissent sur un corps dans un espace.
- Tentative de fuite. 3 min - 2004
version monobande d’une installation
Un homme essaye de se mouvoir dans un espace troué de toutes parts.
Étant donné les attendus de la science et les vertiges de l’infiniment grand et de l’infiniment petit, étant donné l’espace (ouvert et troué), l’univers (en expansion) et le vide (entre les choses), étant donné un corps confronté à cet espace, à ces attendus, à ces vertiges, montrer comment le sol de la réalité se dérobe sous nos pieds, et mettre en évidence la beauté dramatique et lumineuse de cet événement.

Germain HUBY (FRANCE) :
Germain fait sa télé. 2000/2002.
Pour l’émission « Die Nacht/La Nuit » de Paul OUAZAN.
Atelier de Recherche d’Arte France
« Mettre au jour la structure interne d’un produit télévisuel, c’est montrer que tout en connaissant ses mécanismes et les manipulations que ceux-ci provoquent sur le spectateur, on peut les aimer et leur attribuer une valeur, ne serait-ce que celle justement de pouvoir se prêter à l’analyse ».
Dans cette série, qui se compose d’épisodes très courts, j’incarne un personnage dont le quotidien pourrait ressembler à celui de monsieur tout le monde. Cependant une sorte de dédoublement de la personnalité s’opère sur ce personnage qui ne s’exprime qu’avec les voix des protagonistes de la télévision.
- # épisode 1 : urgences. 5 min
- # épisode 2 : qui veut gagner des millions. 3 min 20
- # épisode 3 : les feux de l’amour.
- # épisode 4 : ça se discute. 3 min 30

Nathalie JOHANNES (France) :
dripping. 2 min 30 - 2003
J’ai souvent le sentiment d’une Force vitale, qui en un mouvement de contraction et d’expansion, manifeste les 4 éléments eau, feu, air, terre, puis les formes animales et végétales. Dans mes vidéos, je les utilise comme symboles du déploiement de cette force. Le rapport entre cette énergie et les activités humaines, le mouvement comme processus de transformation, la cohésion ou dissolution, la nature comme conscience incarnée, l’amplitude et la contraction du temps sont des thèmes fréquemment abordés. La structure narrative est simplifiée, le travail sur le rythme et la vibration privilégiés, la durée courte, afin d’en garder l’intensité brute.

Miles KINGSLEY McKANE (Nouvelle Zélande) :
Lyndhurst Horse : 10 min - 2002
Une petite ritournelle métaphysique. Un cheval tourne autour d’un homme.
On est pris dans le rythme des pas, rien ne se passe et le cheval tourne.
Cela crée un effet hypnotique, on entre dans un espace de transe.
Le cheval tourne et devient lumière.

Tilo LAGALLA (France) :
Partida 2. 10 min - 2001
Si l’art est la mise en oeuvre de la vérité (M.Heidegger), alors Lagalla est un artiste.
"Il nous propose ses vidéos, petits films démystificateurs, pour mettre à bas nos glorioles, nos vanités, nos centrismes, et autres pathologies de la vie quotidienne. Regarder les images du niçois, c’est se retrouver en présence d’un gobie, d’un pigeon, d’une aubergine, d’une pomme de terre et d’un Lagalla qui pratique la vidéo comme un sport de combat. Les films sont en niçois traduits de l’anglais, le français court-circuité et renvoyé au rang de patois : magnifique mise en forme du rapport local-universel. Lagalla élague les images, la narration, le verbe, pour garder le plus petit dénominateur humain commun ". J.Arieri

Edouard LEVÉ (France)
Anamorphoses 8 min - 2000
Principe :
Une feuille est posée sur un tourne-disque. Elle annonce une figure géométrique ((un carré, un rond...) ou un mot (un concept (réalisation, aveuglement...) ou encore un nom d’artiste ou d’écrivain)). Puis une deuxième feuille, vierge, est placée sur le plateau. Le mouvement du tourne-disque est lancé. Un dessin est réalisé où un mot est écrit sur la feuille en rotation. La feuille est arrêtée, et donnée à voir quelques secondes. Le dessin qui apparaît n’a qu’un rapport imaginaire avec ce qui a été annoncé, le modèle ayant été anamorphosé par le mouvement circulaire. Le processus est répété, explorant les rapports qui se tissent entre une figure et une légende qui ne coïncident plus.

David ORTSMAN (France) :
Le divorce. 7 min 30 - 2003
Des parents divorcés se tirent dans les pattes en utilisant leur fille comme messager. Une fille pas si innocente que ça...

Jaap de RUIG (Pays-Bas) :
Man. 2 min - 1999
« I love video. It is image, sound and word. It is fantasy and realism. Video is suitable for documentaries, animation, cartoons, movies, music videos and commercials. I love it because it is a medium that easily connects with our daily existence. It is like fire, both useful and dangerous. It can cherish and desillusion. It can be democratic or surpressing, a tool in the hands of activists as well as the government... » Jaap de Ruig, décembre 2002

Franck et Olivier TURPIN (France) :
L’expérience du double.
"...Le turpin-turpin, être non identifié", se déplace en paire siamoise. Depuis son enfance, ledit phénomène remplit les albums-photo ainsi que des mètres de petits films super 8. Ces représentations opèrent un redoublement du double qui en accentue encore l’homothétie des deux homo-sapiens. Les jumeaux Franck et Olivier Turpin en sont le centre, excluant les autres personnages qui s’effacent afin de révéler mieux cette incidence. Le jeu de rôle est là, simple et complexe. Franck et Olivier Turpin y sont entraînés depuis leur naissance surprenante et accidentelle. Et les "Siamoiseries", "la Boxe", "la luTTe" et "Les demoiselles" sont enregistrées, telles des grimaces corporelles que ne renierait pas la physiognomonie, selon des modes de déplacement voisins du ressort et de l’effort burlesque et moderne d’un Jacques TATI. Les actions des acteurs forcent une mise en situation où le parcours dans le paysage revêt parfois la magie de la simple apparition. » Lise Guehenneux - septembre 1998
- Les portes. 3 min 17 - 2001
- Les demoiselles. 4 min - 2001
- Sboaang. 2 min 26 - 2001

Frank WESTERMEYER et Sylvie BOISSEAU (Allemagne) :
Moi vu par. 18 min - 1999
Le film “moi vu par...” essaie de représenter l’identité d’un homme à partir des images que les autres ont de lui. Réalisé avec la collaboration du véritable entourage du personnage principal F., le film ne cherche pas à dresser un portrait concordant de F., mais à montrer la métamorphose permanente à laquelle une personne est soumise dans sa relation avec les autres. S’interrogeant sur la notion d’identité, le film renvoie plutôt à la question de savoir dans quelle mesure l’identité d’un homme ne se constitue qu’à travers le regard de l’autre.

 
 
 
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