les activités
 
- Galerie Villa Des Tourelles

9 rue des Anciennes Mairies 92000 Nanterre
du 7 février au 26 mai 2007
vernissage, le mercredi 7 février 2007 de 18h à 21h


Ouverture les mardis, jeudis, vendredis de 16h à 19h

Cette exposition TÉLÉMÉTRIES, artistes et télévision
est conçue par frédéric dumond à l’invitation de Sandrine MOREAU

crédit photographique : © frédéric dumond


Artistes présentés par “est-ce une bonne nouvelle” :

Hakeem B, “Je dis comment faire”
Thomas Barbey, “Vitrines” et “Capital-beauté”
Raphaël Boccanfuso, “Prendre la parole”
Loïc Connanski, “Addidas”, “TV Emploi”, “Nénesse café”
Germain Huby, “Germain fait sa télé” : “Urgence” et “les Informations”
Sabine Massenet, “Le meuble italien”
David Ortsman, “Une minute de silence”
et
Christian Barani, “Alléluia” présenté en boucle sur moniteur


Cette programmation/diffusion est une proposition de frédéric dumond, avec l’aide de Véronique et Christian Barani et des artistes présentés.

Hakeem B
Je dis comment faire - 3 min. 10 - déc.2002
En septembre 2001, l’explosion et la destruction du World Trade Center a mis en marche une machine médiatique terrifiante. Un amalgame s’est crée entre les termes islamiste et Islam. « Je dis comment faire » est né de cette confusion de ce qui est dit et ce qui est tu. Ma vidéo montre un homme relativement jeune avec un regard saisissant qui prononce un discours en arabe non sous titré. Il s’énerve, tape du poing, se calme... Jusqu’à la fin, le spectateur, pris dans une incompréhension et une stupeur, s’imagine le pire des scénarii, découvre que le discours n’est en fait qu’une recette de couscous. Un procédé simple mais efficace. Le son et l’image sont plutôt sales, une esthétique voulue et travaillée qui fait référence aux images diffusées après le 11 septembre sur toutes les chaînes de TV du monde.

Thomas Barbey
Vitrines - 1 min. - 2000
En primant les jeux, on recherche le ressort de l’appât du gain pour faire rêver le téléspectateur avec un rêve à sa portée.”Panem et circenses” - du pain et des jeux - suffiraient d’aprés le poête Juvénal au bonheur d’une population qu’on apaise par le divertissement et les distributions de pain qui le précèdent.
Capital-beauté - 1 min.28 - 2000
La beauté est une forme du capital, une valeur exponentielle, un investissement.Ce n’est plus un objet de désir mais un objet fonctionnel, homologue des objets asexués.
Inversement, le moindre des objets investis implicitement sur le modèle du corps/objet de la femme, se fétichise pour que la force du désir puisse se muer en demande d’objets/signes.
Ici les femmes deviennent objets, et là les objets sont sexués.

Loïc Connanski
Addidas - 1 min. 35 - 1995
La classe moyenne n’est pas moyenne, elle est nulle. Le savoir rend la vie difficile.
TV Emploi - 2 min. 15 - 1994
La crise est sans issue.
Nénesse café - 1 min. 30 - 1995
À la télé il faut toujours faire la publicité d’autre chose que de soi pour faire sa publicité.

Germain Huby
Germain fait sa télé - 8 épisodes - 2000/2002
pour l’émission « Die Nacht/La Nuit » de Paul OUAZAN Atelier de Recherche d’Arte France
# épisode 1 : Urgences - 5 min.
# épisode 6 : Les informations (l’insécurité) - 3 min.
« Mettre au jour la structure interne d’un produit télévisuel, c’est montrer que tout en connaissant ses mécanismes et les manipulations que ceux-ci provoquent sur le spectateur, on peut les aimer et leur attribuer une valeur, ne serait-ce que celle justement de pouvoir se prêter à l’analyse ».

Dans cette série, qui se compose d’épisodes très courts, j’incarne un personnage dont le quotidien pourrait ressembler à celui de Monsieur tout le monde. Cependant une sorte de dédoublement de la personnalité s’opère sur ce personnage qui ne s’exprime qu’avec les voix des protagonistes de la télévision.
Cette proposition souligne évidemment avec humour les effets de projection et d’identification du spectateur aux vedettes du petit écran. Ce personnage un peu fou, possédé par la télévision, incarne à l’extrême la fascination que nous avons tous (à différents degrés) pour ce médium.
Mais cette démarche repose inévitablement la question de la représentation du réel.
La falsification que les médias opèrent par rapport au réel dissimule le plus souvent des intérêts politico-économiques pas toujours repérables.
En détournant les bandes-sons des programmes télé et en les plaquant sur les images de « mon quotidien », se produit un décalage opérant comme un filtre, qui permet au téléspectateur d’accéder à un autre niveau de lecture. La mise en relief de la bande-son dépouillée de son image d’origine (puissance de séduction) dévoile la pauvreté imaginaire, et révèle parfois les propos idéologiques ou les « messages » cachés derrière les apparences spectaculaires.

Sabine Massenet
Le meuble italien - 2003
Il se peut que la publicité soit venue combler et occuper un vide de sens laissé par le reflux de la philosophie et de la politique, mais il se peut tout aussi bien qu’elle ait conquis de l’intérieur, par une sorte d’infiltration tous les autres discours (...) Cette forme inédite de conquête territoriale se joue aujourd’hui à l’échelle planétaire, promouvant progressivement la publicité au rang de mode d’exposition privilégié d’une grande partie des productions de l’esprit humain. De cette manière, la publicité nourrit financièrement et symboliquement le système médiatique. Le slogan est devenu le filtre obligé au travers duquel on doit transmettre une information, présenter son travail, donner son opinion et, en règle générale, vendre sa production (qu’elle soit artistique, scientifique, politique, etc...).
Dominique Quessada - L’esclave-maître.
5 courtes séquences autour de quelques thèmes récurrents dans la publicité :
la matière, le comparatif, les bouches des femmes, les cheveux, le slogan.

David Ortsman
1 minute de silence - 1 min. - 2004
Claire Chazal nous regarde, l’air angoissé, bouche ouverte, ses épaules se soulèvent et s’affaissent au rythme de sa respiration haletante, de plus en plus forte. Un minute de silence anxieux au journal télévisé.


Télémétries, artistes et télévision

Une exposition qui interroge la télévision. Des œuvres rares. Des artistes internationaux.

Alors que la télévision constitue un élément dominant de notre culture et un outil non moins important en temps de campagne électorale, la galerie de Nanterre se penche cette saison sur le regard que posent les artistes sur l’écran cathodique.

L’ensemble des videéos, des installations, des peintures et dessins présentés dans la galerie du Parc des Anciennes-Mairies a été emprunté auprès des collections publiques et des artistes, notamment auprès du Centre Pompidou et de nombreux centres d’art nationaux. Elle présentera quelques oeuvres historiques (Video fish de Nam June Paik, ou Trilogie (video-Univercesity : Grâce à Fourier), de Robert Filliou, deux installations-vidéos de 1979) mais essentiellement des oeuvres plus récentes, la plupart réalisées dans les 25 dernières années, dans ce moment particulier où la vidéo a basculé dans le grand public avec la démocratisation des outils de réalisation et de production.
Télémétries présente des expériences temporelles très hétérogènes, en réunissant des installations, des vidéos monobandes, des peintures, des dessins, de la photographie, de la littérature et des livres d’artistes.
Depuis l’apparition de la télévision, les artistes ont questionné ce média en s’en emparant de multiples façons, en cherchant, le plus souvent de manière critique, à travailler le temps si particulier de la télévision, la manière dont elle remplit le temps, dans un flux hétérogène pénétrant toujours plus avant l’espace-temps domestique et, depuis l’origine le temps social. Cette véritable “machine de guerre” à détourner les actes et à occuper les esprits est, depuis une bonne vingtaine d’années, un lieu fermé à tout ce qui ne correspond pas à ses canons esthétiques/économiques, et/ou à ce qu’elle ne produit pas en propre. Hors quelques rares émissions dites de création, et sur des chaînes à petite audience, l’économie télévisuelle contemporaine rejette l’autre.
Dont acte. Les artistes ont, de facto, une position d’observateurs extérieurs - puisqu’ils ne peuvent plus (à la différence de quelques rares expériences dans les années 50/60/70) créer des programmes qui s’insèrent dans le flux télévisuel. La télévision devient ainsi matériau de travail, matière première pour les artistes, qui en utilisant des fragments de ce que la télévision émet sans discontinuité, prennent position en créant d’autres rythmes, d’autres logiques à partir de programmes formatés, essentiellement réalisés pour se succéder les uns aux autres.
En utilisant une partie de ce que la télévision produit (et dans toutes ses dimensions sociales, esthétiques, politiques...), les artistes sont déjà à distance, ralentissant de fait le temps, revenant sur certaines dimensions, utilisant a contrario le flux télévisuel comme un lieu de réflexion et de travail. Ils mettent en forme une mémoire de ce qui n’est destiné qu’à emplir le présent et à disparaître, et créent de la pensée.


Avec les pièces de :
Nam June Paik, Robert Filliou, Brahim Bachiri, Hakeem B, Christian Barani, Thomas Barbey, Raphaël Boccanfuso, Klaus Vom Bruch, Roderick Buchanan, Daniel Buren, Alain Clairet/Anne-Marie Jugnet, Claude Closky, Sophie Coiffier, Loïc Connanski, Eddie d, frédéric dumond, Philippe Fangeaux, Esther Ferrer, Mike Fisher et Michael Smith, Harrell Fletcher, Germain Huby, Philippe Hurteau, Marion Lachaise, Franck Leonard, Edouard Levé, Jean-Claude Loubières, Allan Mc Collum, Hamid Maghraoui, Sabine Massenet, David Ortsman, Pippilotti Rist, Nicolas Schöffer, Françoise Valéry, Uri Tzaig.

 
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Dossier de presse
 
 
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