les activités
 
- FESTIVAL DU COURT-MÉTRAGE D’ART et EXPOSITION AU MUSÉE - YOKOHAMA

Université Nationale des Arts de Tokyo et Musée d’Art contemporain Yokohama. JAPON
juin 2006


à l’invitation de Philippe LALEU
Directeur de l’Institut franco-japonais à Yokohama- Japon

I- Dans le cadre du mois de la France
Festival du court-métrage d’art
à l’Université Nationale des Arts de Tokyo
le 17 juin 2006

ARTISTES PRÉSENTÉS :
yann beauvais - Marcel DINAHET - Maïder FORTUNÉ - Augustin GIMEL - Serge LE SQUER - Sara MILLOT - Régis PERRAY - Brigitte ZIEGER

crédit photographique : © Brigitte Zieger (Mondwest)


- SÉQUENCE 1 -

Augustin GIMEL
L’œil lourd du voyage mécanique 3 min - 2003
Paysage rotatif, carte postale en mouvement, le lac Anosy à Antananarivo (Madagascar) considéré comme un espace à entreprendre selon ses propriétés.

Marcel DINAHET
Estuaires 10 min 35 - 2002
Deux espaces sont parcourus identifiés. L’estuaire de la Loire, dans le cadre des ateliers internationaux du frac des Pays de la Loire et l’estuaire du Fleuve Tamsui à Taipei, dans le cadre d’une exposition réalisée avec le Bamboo Curtain Studio.
Les estuaires sont des espaces très actifs par leurs ouvertures sur la mer et leur proximité d’une grande ville qui se situe généralement au fond de l’estuaire (d’autres estuaires sont en cours, le premier est la Tamise).

Serge LE SQUER
Et que ça tourne (triptyque vidéo) : Le manège (partie 3)
6 min 50 - 2000
Ces vidéos mettent en jeu les corps et le temps. Et que ça tourne est une expression banale de notre société contemporaine. Elle exprime la volonté d’un mouvement vers l’avant. Cette injonction pour continuer cette marche au travail se transforme en un mouvement absurde qui s’auto-reproduit. Trois mouvements et trois rythmes différents.

Régis PERRAY
Bataille de neige contre Tag Nazi 3 min 30 - 2004
Dans cette seconde vidéo du diptyque "contre les tags nazi", Régis Perray ramasse la neige à ses pieds et la lance contre une des nombreuses inscriptions antisémites, ici "Les juifs au gaz", sur un mur de la ville de Lublin en Pologne. Ainsi, pour l’hiver, la neige blanche recouvre, cache de façon éphémère ce tag.

yann beauvais
Tu, sempre (avec textes japonais)
version monobande de 10 min - 2006
Un grand nombre d’œuvres d’art, surtout en vidéo, ont répondu à l’agonie collective du SIDA : documents personnels silencieux et stoïques de l’amour et la dévastation, comme Silver Lake Life ; des œuvres comme celles de John Greyson qui ont répondu aux images publiques du SIDA et cherché à en réparer les dégâts, comme des témoignages de rage incandescente et éclairante, comme l’œuvre de David Wojnarowicz. Je ne peux pas même suggérer l’étendue de tout cela ni prétendre en être capable. Ce que je pense pouvoir dire c’est que, dans cette œuvre-ci et dans les précédentes à l’adresse de la pandémie, yann beauvais a choisi une voie différente. Son aspect est donné comme inscription : de même que le texte entre dans un discours social et une conscience personnelle, de même qu’on peut écrire des graffitis sur le mur, de même qu’une aiguille et de l’encre peuvent créer des illustrations sous la peau, ou que le Sarcome de Kaposi peut inscrire son atroce présence. Et il nous fournit des modèles pour une désinscription et une réinscription dans une forme plus élevée de conscience critique.
Keith Sanborn : « Ce texte qui n’en est pas un "Tu, sempre" de yann beauvais » in yann beauvais "Tu, sempre" #5 les livres & Espace multimédia Gantner 2003

Maïder FORTUNÉ
Everything is going to be alright 7 min - 2003
À l’intérieur d’un cube blanc, un corps quasi nu saute et rebondit inlassablement sur les trois parois de l’espace fermé. Corps/figure, car en somme l’individu a disparu pour n’être que mouvement pur, tentative inouïe de percée des parois, saut qui désire l‘échappée (refusée) et ne peut que se renouveler à l’infini de la boucle vidéographique. Au côté de la vidéo, quatre photos viennent saisir le même corps en mouvement et ce qu’elles révèlent, se situe aux antipodes du corps piégé de la bande vidéo. C’est au contraire un corps extatique, jouissant de l’élan, de l’extraordinaire liberté de son mouvement. Le mouvement épouse deux nécessités antagonistes : l’oppression et la liberté. L’ambiguïté demeure.

Brigitte ZIEGER
Mondwest 4 min 10 - 2003
Le robot qui fume ignore tout de sa combustion, de sa destruction lente rythmée par un souffle amplifié. Ce spectacle étrange est lui aussi éphémère, puisqu’il sombre dans un smog aux veloutes vertes et rouges s’emparant peu à peu de l’écran. Cette fiction gagne progressivement le spectateur qui prend conscience d’être au cœur des lueurs tamisées d’émanations fumigènes. A-t-il percé l’écran ou bien est-ce la combustion qui s’empare de son propre monde ?


- SÉQUENCE 2 -

Sara MILLOT
Meredith Monk - Dancing voice, singing body 26 min
production : Artistes & Associés
co-production : Direction des Arts Plastiques, Ministère de la Culture
Instigatrice aux Etats-Unis du mouvement d’abstraction musicale et vocale, Meredith Monk a développé au fil des années son propre vocabulaire, s’éloignant progressivement des mots pour prêter attention au souffle, au rythme et aux images de la voix.
Le film suit le travail de l’artiste lors d’un workshop aux Ateliers de la Manutention à Bordeaux, accompagne les expérimentations de la voix et filme les corps au travail, de la création à la performance.

cette programmation/diffusion est-ce une bonne nouvelle est une proposition de Véronique Barani, avec l’aide de tous les artistes présentés.


II- Dans le cadre du mois de la France à Yokohama
exposition au Musée de Yokohama
du 16 au 26 juin 2006

Filmer le milieu marin et filmer le milieu urbain n’ont à priori aucun lien. Et pourtant, ces deux artistes ont quelque chose qui les unit dans leur recherche, dans leur errance. Marcel Dinahet et Christian Barani ont en commun ce dispositif qui unit corps et caméra. La caméra devient une greffe, un prolongement de la pensée. C‘est d’un bloc qu’ils s’abandonnent de façon intuitive, voire aléatoire à la découverte des lieux, qu’ils s’immergent dans le réel pour appréhender l’un l’espace, l’autre les êtres.

Marcel DINAHET

(Un monde parfumé, robe rouge
de Noriko Sunayama, Dumbtype - 1996)
et installation vidéo de Marcel Dinahet)

À Chypre (2000) - Sur la baie (2001) - Paysage frotté (2001)
Depuis 1986, le travail de Marcel Dinahet est en rapport avec le milieu marin et sous-marin, le littoral. Ses premières sculptures étaient réalisées avec des éléments de la mer - conglomérats de coquillages - ou qui leur ressemble : minéraux, argile... Souvent reliées entre elles par un filin, elles étaient placées sous l’eau, à environ sept mètres de profondeur. Ensuite, l’artiste filmait cet espace particulier qui possède un temps et une activité propres : la mer, vérifiant ainsi la permanence de l’action du milieu aquatique sur ces objets amenés à disparaître. Aujourd’hui, Marcel Dinahet témoigne différemment de cet abandon à la nature.
Dans ces œuvres sensuelles où la caméra, en véritable instrument optique, révèle des phénomènes et des déplacements dans notre vision, des images métaphoriques, il est question d’errance, de disparition, d’horizon, d’espaces reflétés, de lumières et de passages... Sophie Legrandjacques

et

Christian BARANI

urban video :
- Almaty (Kazakhstan ) 2002
- Kathmandou (Népal) 2002
- Windhoek (Namibie) 2005
- Santiago (Chili) 2006
La dérive produit une attitude, une forme assujettie au hasard et fait apparaître une vision personnelle de la ville traversée. Dans cette dérive, un trajet s’invente, un trajet qui tient compte à la fois de la géographie physique, mais aussi de ma relation psychique à l’espace et aux personnes.
Cette marche dans la ville devient une performance dont le résultat est une forme plastique, documentaire. Le territoire est représenté comme une expérience. Dans ce rapport à la représentation de la ville, l’improvisation structure le désir de filmer et chaque plan n’est jamais tourné deux fois. L’intuition me fait déclencher l’enregistrement, sans jamais savoir ce qu’il va se produire.
Filmer devient ainsi un acte performatif. Avec ce dispositif, l’instant où la caméra pénètre le réel et le modifie apparaît et questionne le processus “documentaire”. Cette dérive prend la forme d’un montage d’ambiances singulières liées à la diversité des espaces urbains traversés et des personnes rencontrées. Elle produit un collage urbain, une vision personnelle et esthétique de la ville.
Urban video est une série qui s’enrichit et se construit dans le temps.

 
 
 
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