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Les cadeaux - 17 min. - 2000 - Hacked by Thanos Fz
la collection

FOLTZ Sandra et SFAR Laurent - France

 

- Titre : Les cadeaux
- Année : 2000
- Durée : 17 min.
- Données techniques :
support de tournage : DV
support de diffusion : DV
couleur, sonore
avec le soutien de la Galerie du Wazoo

Cette vidéo est constituée d’images filmées dans la rue, sans narration ni mise en scène. Des cadeaux emballés sont déposés sur la voie publique. Nous avons filmé les personnes successives qui trouvent ces cadeaux. L’espace public, essentiellement fonctionnel, est traversé par un flux continu. Déposer quelque chose qui manifestement n’y a pas sa place, perturbe ce flux. L’emballage des cadeaux signale une intention qui accompagne l’objet. L’objet emballé ne peut pas se confondre avec un objet jeté et suscite l’attention. En déposant des cadeaux dans l’espace public, nous perturbons les modes d’échanges en usage dans l’espace urbain, ainsi que celui qui appartient au rite du cadeau. Posés dans la rue, ces cadeaux n’ont pas de destinataire et leur donateur est absent. Cette absence provoque interrogations et doutes. C’est cet instant avec toutes ses variations que nous voulions filmer.

Dans cette vidéo, des cadeaux sont déposés dans la rue. Le mode d’échange propre aux cadeaux est perturbé. Ces cadeaux n’ont pas de destinataire et leur donateur est absent. Cette absence provoque un micro événement qui suscite interrogation et doutes. Le fait que le film soit muet permet aux spectateurs de se projeter dans le cheminement intellectuel, décisionnel, affectif des passants.

Description de l’installation

Le sol de la Galerie est recouvert de bandes de moquette de couleurs différentes. Elles recouvrent la structure en lattes du parquet et donne à la pièce une ambiance feutrée. Grâce à un modulateur, une bande sonore commande l’éclairage, et plonge l’espace de la Galerie dans la pénombre ou au contraire l’illumine. L’intensité de la lumière varie au rythme de l’enregistrement des déambulations d’une personne sur du parquet. Au mur,un moniteur placé à la hauteur des yeux, diffuse une bande vidéo Cadeaux. Cette même bande, montée dans un ordre différent, est projetée à travers la fenêtre du fond de la galerie sur le mur de la cour. Il s’agit d’une action filmée dans l’espace urbain. Des objets emballés sont déposés dans la rue. Les réactions des passants sont filmées. La vision de la vidéo est perturbée par l’ambiance lumineuse et sonore de la pièce. Le spectateur prend conscience de son point de vue.

Entretien avec Anne Desplankes
- Quel est le point de départ de votre projet ?
- Depuis un moment, notre réflexion porte sur l’espace urbain. Notre travail est soit directement intégré dans cet espace, comme la pièce que nous avons présenté à Sélest’art 99, soit en rapport avec celui-ci à travers des vidéos comme Haïfa Cedex, présentées au Musée d’art moderne de Haïfa. D’une manière générale, notre démarche tient compte des caractéristiques du lieu où l’on expose. La structure de la galerie du Wazoo avec ses fenêtres côté rue et côté cour nous a donné l’envie d’utiliser ce lieu comme point de vue ouvert sur l’extérieur. On a ainsi pensé dans un premier temps à des dispositifs visibles uniquement de la galerie, celle-ci restant vide. En cherchant à déplacer notre intervention hors de la galerie, nous avons commencé à réaliser de courtes vidéos dans lesquelles nous déposions des objets puis des cadeaux dans la rue. L’installation s’est construite autour de la vidéo. Nous avons envisagé la galerie comme un lieu en contrepoint de cette action filmée dans l’espace public en renforçant son statut d’ancien appartement

- Pourquoi choisir de poser des cadeaux dans la rue ?
- L’espace urbain est réglementé et cela nous semblait intéressant de déposer quelque chose qui manifestement n’y avait pas sa place. Nous avons choisi de déposer des cadeaux car l’emballage signale une intention qui accompagne l’objet. L’objet emballé ne peut pas se confondre avec un objet jeté et suscite l’attention. En déposant des cadeaux dans l’espace public, nous perturbons le mode d’échange propre aux cadeaux. Posés dans la rue, ces cadeaux n’ont pas de destinataire et leur donateur est absent. Cette absence provoque un micro événement qui suscite interrogation et doutes. C’est cet instant avec toutes ses variations que nous voulions filmer.

- Pourquoi choisir des passants et dans quelle mesure n’auriez-vous pas pu faire appel à des acteurs, même amateurs dans votre vidéo ?
- Cette bande vidéo n’est pas construite autour d’un scénario, mais d’une action en réelle confrontation avec l’espace public. Les passants sont des inconnus faisant partie de cet espace. En prenant ces cadeaux, les passants s’attardent dans le champ de la caméra et participent à la vidéo. Un des éléments qui entre en jeu dans cette vidéo, c’est l’humeur des personnes qui se modifie au contact de ces cadeaux

- Quelles relations avez-vous voulu établir entre la vidéo, le son, la lumière et l’habillage au sol ?
- La marche des passants dans la vidéo fait écho aux sons des pas enregistrés en intérieur. On a envisagé la galerie comme un lieu en contrepoint de cette action filmée en extérieur. Le rythme des pas, de la lumière et de ses reflets sur les vitres ainsi que l’habillage au sol permet de révéler l’espace intérieur de la galerie et de rappeler aux spectateurs sa présence dans les lieux. Cette confrontation entre intérieur et extérieur place les spectateurs en position de voyeur vis-à-vis des passants. Les pas enregistrés sur du parquet renvoient aux déplacements des spectateurs. Grâce aux variations lumineuses, ils pointent l’habillage en moquette qui reprend la structure du parquet de la galerie.

- Quel cadeau pensez-vous que les spectateurs vont vous offrir en retour ?
- Dans les termes d’un échange à partir des cadeaux, les spectateurs ne jouent aucun rôle. L’échange s’effectue avec les passants mais à leur insu. Ils établissent un lien avec nous mais aussi avec les spectateurs qui deviennent complices de notre acte.

EXPOSITIONS :
- Nouvelle Galerie, Exposition 21 juin - 13 juillet 2000, 38000 Grenoble.
- Vision de villes, Exposition 6 novembre - 20 décembre 2001, USTL Culture, 59 655 Villeneuve-d’Ascq.
- Lieux dits, 28 sept - 12 octobre 2002, événement organisé par Juliette Barbier et Kilomètre O, rue J. P.Timbaud, Paris 75011
- Agir Proche, 4 juin - 30 octobre 2005, Maison de la Culture, 80 006 Amiens. www.maisondelaculture-amiens.com

FILMOGRAPHIE :
- Vidéorium 01, les Abattoirs, le 23 février 2003, Toulouse 31 000
- Saison vidéo n°25, 7 mars 2001, Théâtre du Manège, Maubeuge, 59600
- 8ème édition du Festival Bandit-mage, 10 - 14 décembre 2003, Bourges 18000

 
 
 
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