les activités
 
- à la galerie Les Filles du Calvaire, dans le cadre de Show Off Vidéo

17, rue des Filles-du-calvaire 75003 Paris
du 4 au 27 février 2010
Vernissage le 4 février de 18h30 à 21 h
Performances le 20 février de 17h 30 à 19h


© Daniel Lê

lien 1 paris-art.com

lien 2 paris-art.com


le réel, nouvel opium ?

Une exposition proposée par est-ce une bonne nouvelle
avec l’aide des artistes et écrivains présentés

GALERIE LES FILLES DU CALVAIRE. PARIS
17 rue des Filles du Calvaire
75003 Paris
www.fillesducalvaire.com
à l’invitation de Christine OLLIER et Marie MAGNIER

Exposition du 4 février au 27 février 2010
Vernissage le jeudi 4 février de 18h30 à 21 h


Lectures/Performances
le samedi 20 février de 17h 30 à 19h

David Christoffel : "Dérushage mortel", 10mn
(avec la participation de frédéric dumond)

Cyrille Martinez : "Bibliographies", 10-15mn

Louise Desbrusses : "Réel est dieu", 15mn

Fred Griot : "Parl", 10-15mn

Jérôme Game : "Departure lounge", 15mn


Cette exposition interroge le réel comme principe fictionnel autour des œuvres de plus d’une vingtaine de vidéastes et d’une dizaine d’écrivains.

Commissariat : Emmanuel Adely, Christian Barani, frédéric dumond

Artistes et écrivains : Soufiane Adel, Emmanuel Adely, Christian Barani, Taysir Batniji, yann beauvais, Edson Barrus, Raphaël Boccanfuso, François Bon, Arno Calleja, Sonia Chiambretto, David Christoffel, Sophie Coiffier, Anne-Marie Cornu, François Daireaux, Louise Desbrusses, frédéric dumond, Jan Duyvendak, Jean-Michel Espitallier, Jérôme Game, Agnès Geoffray, Julien Gourbeix, Fred Griot, Patrick Hébrard, Oh Eun Lee, Daniel Lê, Cyrille Martinez, Sabine Massenet, Sara Millot, Eléonore de Montesquiou, Françoise Parfait, patrickandrédepuis1966, Alex Pou, Matthieu Savary, Jean-Claude Taki, Bertrand Wolff, Brigitte Zieger.

note d’intention , août 2009
le réel, nouvel opium ?

la question, posée à 28 artistes et écrivains, met en relation deux termes a priori antagonistes : – le réel, par définition ce qui est, c’est-à-dire l’ensemble du monde visible et invisible, ce à quoi donc personne ne peut échapper – l’opium, qui génère une conscience décalée, qui permet d’accéder à d’autres états de réalité et en même temps de s’abstraire du réel, de s’en “évader” en sorte que dans la question posée, le réel (représenté) peut être ce qui sert à masquer la réalité “vraie” (le monde), et en même temps ce qui permettrait de donner une image du réel dans son essence

1.
si le réel est le nouvel opium, il y aurait donc au nombre des usages contemporains de la réalité, un ensemble de représentations du réel qui servent à le masquer, à le cacher sous l’apparente transparence du “vrai” le réel serait devenu un dogme : ce qui est montré est vrai, incontestable, puisque ça a eu lieu, puisque donc c’est réel ce qui sous-entendrait que les sociétés contemporaines occidentales (celles de l’image) créeraient ce nouvel opium à destination des autres et d’elles-mêmes, en unifiant des représentations fictionnelles du monde sous le sceau du réel une unification de la représentation qui utilise la fiction, et pénètre d’ailleurs tous les domaines (du design… à la prospective) en généralisant par exemple la notion de scénario. le storytelling en est un dernier avatar, sans oublier la notion de séquence (en politique, l’’évolution d’un projet est divisé en séquences). C’est la fiction qui domine avec comme alibi l’ancrage dans le réel pour « prouver » la vraisemblance et la vérité de ses propos… comme si le réel était l’ultime frontière, la nouvelle frontière contemporaine (ou le dernier rempart) (à quel cadre historique en sommes-nous pour arriver (presque) à l’unification totale des représentations (le désir occidental) ? un réel unifié dans ses représentations génériques, une doxa du réel qui ne peut conduire qu’à une régression ontologique ?)

2.
s’il y a quelque chose de fondamentalement pertinent à poser le réel comme source et objet de la représentation, il est trop souvent utilisé comme alibi-décor, comme decorum à des fictions et/ou à des représentations. Toutes espèces de production de formes qui sont en fait des représentations idéelles, sans aucun rapport avec le réel comme s’il s’agissait d’accorder au réel une dimension justifiante, comme si le réel était un champ de force « vrai », global, entier, où la représentation peut s’épanouir et apparaître hors de toute sphère d’influence

à l’encontre de ces positions, il nous parait important de travailler aujourd’hui le réel comme événement, c’est-à-dire quelque chose qui n’a lieu qu’une seule et unique fois, sans double ni répétition possible c’est-à-dire quelque chose d’absolument irréductible à toute forme de définition, de cadrage, de contrôle, de limite, d’universalité, de copie, de double, etc. travailler le réel, travailler le champ du réel, travailler dans le réel, travailler avec le réel, travailler le « ça a lieu », le « ce qui arrive » dans le champ de l’expérience l’expérience étant très certainement un des moyens les plus directs d’accès au réel, d’accès pour chacun à son propre rapport au réel, unique, singulier, solitaire (à l’antithèse absolue du globalisant)

en somme, il faudrait faire exploser ces notions de réel et de fiction qui n’ont pas de raison d’être, l’expérience est ce qui peut seulement se revendiquer

3.
c’est la raison pour laquelle nous avons demandé à un nombre conséquent d’artistes, de réalisateurs et d’écrivains de travailler sur cette question

de manière à ce que la multiplicité des positions et des pièces constituent une théorie1 de consciences décalées, d’approches singulières qui génèrent autant de représentations du monde en différance2 de la vision normée générique

l’opium, alors en contrepoint de ce qu’il est pour Marx (« la religion est l’opium du peuple »3), est au contraire ce qui induit la possibilité du différend4, d’un territoire de pensée propre à chacun

donc de l’existence de l’autre comme expérience et comme événement

fd chb ea pour est-ce une bonne nouvelle

notes :

1. une suite, un ensemble de
2. la différance est un concept développé par Derrida à l’origine dans une conférence donnée en 1968. « la différance est la différence qui ruine le culte de l’identité et la dominance du Même sur l’Autre ; elle signifie qu’il n’y a pas d’origine (unité originaire). Différer, c’est ne pas être identique. la différance marque un écart qui s’écrit (le a) que l’on voit mais que l’on n’entend pas. différer, c’est déplacer, glisser, déjouer. la différance est le devenir (lutte contre les significations figées) ; elle est le déplacement des signifiants qui signifient en marge puisqu’il n’y a pas de signifié transcendantal, originel et organisateur. » in Déconstruction et différance, Par Lucie Guillemette et Josiane Cossette, Université du Québec à Trois-Rivières
3. in critique de la philosophie du droit de Hegel, 1844, co-signé avec Engels, in 1er numéro des annales franco-allemandes, revue dirigée par K. Marx au moment de son exil à Paris, rééd. Aubier, Paris.
4. le différend, tel que lumineusement observé par JF Lyotard, dans Le Différend, éd de minuit, 1983. le différend parce qu’il y a de l’hétérogène, qu’on ne peut pas éviter les conflits (impossibilité de l’indifférence), tout cela dans et par le langage, « en montrant que l’enchaînement d’une phrase sur une phrase (même le silence est phrase) est problématique, et que ce problème est la politique ». la pensée de la dispersion est le contexte de la réflexion.

 
 
 
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