les activités
 
- à la Java

105 rue du Faubourg du Temple 75010 Paris
le mardi 6 octobre 2009 de 19h00 à 0h00


avec ou sans voix
un objectif commun :
épuiser la matière du discours

Norbert GODON propose,
une soirée qui mêle vidéos d’artistes, lectures, performances et installations.
avec l’aide de véronique barani pour est-ce une bonne nouvelle et des artistes présentés

Sur l’invitation des Silences d’Orphée, Véronique Missud et Jean Air
l’espace de La Java accueille cette manifestation, réunissant
est-ce une bonne nouvelle et Ballottage.


OBJET

Programmation croisée de lectures, vidéos d’artistes et installations sonores, tressant les flux visuels, acoustiques et discursifs en vue de provoquer des brouillages signifiants dans le recouvrement des informations.

Les travaux présentés au cours de cette manifestation font du discours leur matière première. Ils réinvestissent le langage des médias, de la publicité, de l’administration, de l’entreprise, des sciences économiques, physiques ou médicales, celui des textes sacrées ou des contes pour enfants… Ils créent des interférences entre les formes de discours qui saturent notre environnement communicationnel.

Que ce soit sous la forme de logorrhées interminables ou en invoquant l’impossibilité de prendre la parole, ils travaillent les formes discursives qui fabriquent l’espace public dans leurs entremêlements.

Par effet de friction, faire apparaître les valeurs qui circulent dans la langue ; rendre visible les transferts linguistiques d’un champ social dans un autre ; considérer la saturation de sens comme un message en soi : autant de points sur lesquels peuvent se rencontrer les différentes démarches qui sont présentées ici.


PROGRAMMATION VIDÉO

Les œuvres vidéo, liées aux temporalités de la prise de parole, donnent à voir l’image vidéo comme un continuum discursif, tantôt fluide, tantôt saccadé. Ici, c’est la linéarité même du discours qui se trouve mise en image ; là, son morcellement, dans la mise en scène de ses hiatus, de ses accidents. Par le recouvrement, la superposition, la saturation et le débit des discours, auxquels s’ajoute la sollicitation simultanée de tous les sens, les propos n’apparaissent plus que sous la forme de larsens résiduels.

Trois séances de projections s’échelonneront sur la soirée, avec chacune leur motif. Pour commencer, une séance de portraits, composant avec un classique du film documentaire : le témoignage face ou profil caméra. Viendra ensuite la séance de dépossession, à entendre dans tous les sens du terme. Enfin viendra la séance de dépêches, avec toute une procession d’annonces qui défilent à l’écran ou mènent la charge.


DÉROULÉ

19h30 - Portraits

Jérôme GRAS - Défi, 2001 France, (6’50’’)
Agnès GEOFFRAY - Stam, 2002, France (3’00’’)
Sabine MASSENET - Je ne me souviens plus, 2002, France (4’30’’)
Christian BARANI – Une séance photo, 2005, France (3’30’’)


20h00 – Lectures

frédéric dumond - Lecture/Performance - 15mn

David CHRISTOFFEL - Lecture/Performance - 8mn
David Christoffel n’est pas toujours au plus synthétique. Pour l’être au mieux, il fait des chroniques pour la radio. Pour l’être encore mieux, il fait des opéras parlés avec que la polyphonie des voix pas réductible à sa frontalité. Pour que les croisements n’empêchent, il participe à des revues de poésie et fait des livres de poésie et des enregistrements de poèmes, qui peuvent être des créations sonores, des pièces radiophoniques, des films, des essais et des interventions universitaires sur tout ça.

La lecture/performance de David Christoffel se passera en trois temps, trois unités participatives. D’abord un duo avec Frédéric Dumond, extrait de "Argus du cannibalisme", à paraître dans la collection Inadvertance/publie.net. Egalement un "Récital pour Hyppolite" (avec la participation exceptionnelle d’Hyppolite Rougon).

Au cours de la soirée, entre les séances, seront projetés : "Débat pour qui dit mieux et démener la cause", "Chevauchée électronique" (du collectif Ballottage), "Récréation nocturne qui se la raconte" et "Ludo-fiction éliminatoire avec subtilités de langage", 4 blablarecordings produits et réalisés par David Christoffel.

Hippolyte ROUGON - Lecture/Performance - 8mn


20h30 - Dépossessions

Germain HUBY - Les informations (l’insécurité), 2001, France (3’00’’)
Raphaël BOCCANFUSO - ©opyright (mise en vente), 2007, Suisse (1’30’’)
Sabine MASSENET - Je comprends moi aussi le langage des oiseaux, 1998 (7’43’’)
frédéric dumond - est-ce que ça a jamais, 2007, France (11’39’’)
Pascal LEROUX - Vite, 2001, France (0’13’’)


21h00 – Lecture

Hélios SABATE-BERIAIN - Lecture/Performance - 15mn


21h30 - Dépêches

Jean-Michel ESPITALLIER - Mieux vaut prévenir, 2004, France (3’30’’)
Norbert GODON – Addition, 2008, France (4’00’’)
Norbert GODON – Echonomie, 2008, France (14’00’’)
yann beauvais – Still Life, 1997, France (12’00’’)
Jérôme GAME - Seules les variations sont réelles les, 2006, France (10’’)
yann beauvais – Hezraelah, 2006, France (0’44’’)
frédéric dumond - text, 2006, France (3’49’’)


Installations

Sirine FATTOUH - Perdu/Gagné, 2008, France (2h00 / Moniteur avec casques)
Cette installation vidéo-photographique fait écho à l’histoire de l’artiste en tant que femme libanaise exilée de son pays. Produite dans le cadre de l’exposition Perdu /Gagné, deux questions (Qu’avez-vous gagné ? puis Qu’avez-vous perdu ?) ont été posées à des femmes libanaises venant de milieux socio-culturels différents et du fait, de régions géographiquement variées. L’attention a été portée sur des femmes qui n’ont jamais ou rarement eu l’occasion d’émettre une opinion et de s’exprimer. Considérant le contexte libanais instable, ces femmes ont vécu des rapports différents aux tensions et aux conflits qui règnent depuis plus de 30 ans. A cela s’ajoute une muraille composée de plus de cent photographies Polaroïd de chacune de ces femmes.

David CHRISTOFFEL – Lectures, 2009, France (30’00 / Lecteur audio avec casques)


LES ARTISTES VIDÉASTES

Christian BARANI
Christian Barani se positionne, dans son parcours artistique, comme un passeur investissant les domaines de la réalisation, de la diffusion et de la transmission. En tant que vidéaste, il décide depuis 1997 d’intervenir dans la sphère du documentaire pour des enjeux éthiques, politiques et liés à la représentation de l’être humain dans ses actes du quotidien. Cette recherche est fondée sur un dispositif de tournage qui procure au plan un statut d’acte performatif et la narration se développe sous forme de fragments.

Une séance photo
Séquence tournée dans le cadre du film "mine de rien" coréalisé avec Guillaume Reynard, cette vidéo est réalisée sur la place de Karaganda, deuxième ville du Kazakhstan sous le régime soviétique. En 2003, cette ville est sinistrée, abandonnée par les pouvoirs politique et économique. Mais la vie continue...

Raphaël BOCCANFUSO
Raphaël Boccanfuso est plasticien. Il vit et travaille en Seine-Saint-Denis.

©opyright
« Ce projet de Raphaël Boccanfuso pousse encore plus loin le brouillage entre créativité et propriété. Il choisit les deux auxiliaires « être© » et « avoir© » dans la typographie utilisée dans les catalogues d’exposition et les supports de communication du MAC/VAL pour les déposer, agrandis et transformés en « images », auprès de l’Institut national de la propriété industrielle (INPI, dépôt dans une « enveloppe Soleau »). Il devient ainsi détenteur du graphisme, et au-delà du sens qu’il véhicule : une astuce pour s’approprier ce qui ne lui appartient pas, pour contaminer les publications du musée... et pouvoir potentiellement attaquer en justice toute personne qui utiliserait ces mots dans cette police sans les faire suivre de son copyright. Pour repointer les circuits utilisés, et en respectant le champ sémantique, il met en vente aux enchères « avoir© » et reste propriétaire d’« être© ». […] Le recours au droit d’auteur permet à Raphaël Boccanfuso d’interroger la valeur et l’originalité de l’œuvre d’art, celui au copyright souligne l’assimilation de l’œuvre à une marchandise et de l’auteur à un marchand. La pensée de l’original en art peut bien n’être© plus d’actualité, c’est toujours une porte d’entrée du juridique dans l’artistique... » (Extrait du texte de Julie David, catalogue de l’exposition ©opyright de Raphaël Boccanfuso au Mac/Val, 2007)

yann beauvais
yann beauvais (1953, Paris) a réalisé une trentaine de films et vidéos ainsi que des installations. Co-fondateur de Light Cone en 82 et de Scratch Projections en 83 à Paris. Curateur indépendant et critique, enseigne à l’Ecole des Beaux-Arts de Mulhouse.

Hezraelah
Des propos sur la guerre récente au Liban.

Still Life
« Ce film fait se côtoyer plusieurs discours vis-à-vis du VIH / sida. D’un côté des textes écrits en anglais et en français (qui traduit quoi) apparaissent à l’écran à des vitesses variables et selon plusieurs modalités rythmiques, de l’autre côté sur la bande-son : des voix d’hommes. Les discours et les expériences du sida se croisent et font surgir par la fragmentation des modes d’énoncés qui articulent le politique au subjectif selon des modalités visuelles particulières. Le sida n’a pas disparu avec la trithérapie. On le banalise pour mieux l’occulter. Ce film inscrit aux travers de confrontations, des ruptures dans notre appréhension du VIH et du sida. Engagement d’un individu face à une civilisation qui promeut la disparition comme mode de vie. Il s’agit d’affirmer une altérité dans cette belle homogénéité aseptisée. Son Actus Tragicus de Jean Sébastien Bach, Blue de Derek Jarman, David Wojnarowicz et Ben Neil, yann beauvais. » (cf. site de l’artiste)

frédéric dumond
frédéric dumond né en 1967, est écrivain, plasticien, vidéaste, performer. Il travaille la narration, le sens et la parole en tant que principes élémentaires de la pensée, à différentes échelles de présence et de perception. Il les structure en proximité avec les théories du désordre en sciences « dures », étant donné que la détermination des formes (en somme des frontières) est floue - puisque dépendante à tous niveaux du moment (échelle) de la perception.
Dans ses textes les plus récents, il évoque, par approches successives, l’être humain et le vivant. Il réalise ses vidéos à partir d’images diffusées à la télévision, déconstruisant et reconstruisant les fictions des séries qui ont envahi le petit écran.
Il conçoit ses installations vidéos avec des éléments détournés du réel (fragments de documents de travail de sociétés ou d’entreprises et/ou captation de moments de la vie de l’entreprise ( II/pauses ) Il travaille ses pièces sonores à partir de fragments radiodiffusés, écrivant un texte au sens multiple comme un puzzle.

text
Présence du monde dans l’œil-pensée de celui qui regarde. frédéric dumond propose avec ce travail vidéo, une approche de l’inframince où se dessine par agencements fragiles les agglomérats des mots-choses de notre réalité. Du nuage indécis de l’articulation, nuage de lettres, des éléments du langage déposés selon leur présence nue et infinitésimale, il laisse apparaître, par subreption, selon un constant mouvement brownien propre à cet alphabet dispersé, les mobiles d’un réel qui ne se donne que par bribes, dans le tremblement de liaisons instantanées.
Cette vidéopoésie explore les possibilités de composition/décomposition des images, non plus selon un rapport analogique à ce qui est vu, mais selon l’expérience d’un regard du langage, qui permet de voir s’esquisser dans l’éphémère de la dissémination, des présences, des liaisons, des dynamiques, qui immédiatement se dissolvent prises dans le jeu d’expansion/rétractation du trajet de la pensée.
Si une image nous est donnée ici, dans cette approche, elle ne serait être autre que le mouvement centripète/centrifuge de la pensée humaine qui fait l’expérience de la survenue des phénomènes au sein de sa propre réalité.

est-ce que ça a jamais
« Une fiction ? ou la langue, aujourd’hui, est devenue abruptement, sur la scène politique, vidée de son sens. » frédéric dumond interroge ici les conditions d’existence du sens explorant l’usure des mots et la perte de sens induite dans les expressions de l’évidence

Jean-Michel ESPITALLIER
Jean-Michel Espitallier est écrivain. Cofondateur de la revue Java, il intervient sur tous les fronts (lectures-performances, conférences, projets multimédias, etc.), en France et à l’étranger.

Mieux vaut prévenir...
Texte extrait de "En Guerre" paru en avril 2004 chez Inventaire-Invention. Par accumulation grotesque de noms de guerriers (ou de figures ridicules : Hulk, Rintintin, le gang de la banlieue sud, etc...), Jean-Michel Espitallier, fidèle à ses modes opératoires (liste, dérision, comique), parodie le discours de l’état-major américain qui, au cours de l’hiver 2002-2003, assurait que les Etats-Unis n’attaqueraient pas l’Irak tout en amassant des troupes un peu partout dans la région. Ce texte a été ensuite « machiné » par Pierre-Alexandre Loy et Nicolas Frize pour être projeté sur un mur de l’hôpital Saint-Lazare à Paris, à l’occasion des Nuits blanches 2004.

Jérôme GAME
Jérôme Game est poète. Ce n’est en l’occurrence ni le début ni la fin du récit qui importent, mais sa voie de passage, difficile, inédite, qui s’ouvre à mesure qu’on la force, mais qui peut se frayer vite aussi, dans l’inconnu, en glissade, dérapage, freins desserrés. Bien que savante dans son contenu, cette écriture n’a rien de neurasthénique ni de pesant dans sa forme ; au contraire, elle semble en sustentation, instillée d’irrévérences comme de générosité, de regards sur soi, sur l’autre, sur les turbulences de la rencontre. "Je mets un marteau piqueur dans la syntaxe, dit Jérôme Game, pour la faire tourner sur elle-même, hoqueter, pour la briser. Ce bégaiement, cette décomposition de la chair du mot sont le régime moteur de ma sensation : en sursaut, avancée, recul, en butée sur des grumeaux qu’il faut pulvériser, puis, l’obstacle disparu, au galop, un emballement, quand les choses vont de soi." métaphore du texte, illustration, fiction.

Les variations sont réelles les
La consigne est simple : « Des textes écrits et lus par l’artiste. Une image noire. Un titre. » Le doute s’installe dans le rapport de la voix à l’enregistrement : le texte lu est écrit pour constituer une bande son, la voix étant amenée à imiter des effets de coupe au montage.

Agnès GEOFFRAY
Née en 1973 à Saint-Chamond - Elle vit et travaille entre Paris et Amsterdam (en résidence à la Rijksakademie) Diplômée des Ecoles de Beaux-Arts de Lyon et Paris. Agnès Geoffray utilise la photographie, la vidéo et l’installation comme medium artistique.
Au travers d’images interpellantes d’emblée par la forte présence physique qui s’en dégage, Agnès nous entraîne à observer de plus près ces visages, ces corps qui peu à peu semblent nous prendre à parti. Elle ne nous donne aucune indication (de lieu, de temps, de circonstance) ; juste ces acteurs photographiés seuls ou en groupe, tous porteurs de leur propre histoire extériorisée.
L’artiste nous plonge là dans l’éternelle question du regard que nous portons sur l’autre, du "rapport à l’autre" quelles réactions implique notre comportement, notre histoire personnelle ? Comment est-on perçu ? Comment exister par rapport à un groupe, une situation donnée ?

Stam
Une personne bègue raconte une situation de rencontre

Norbert GODON
Auteur et artiste multimédias, son travail se porte sur l’esthétique du discours. Au sein de dispositifs interactifs, de vidéos ou d’installations sonores, il établit des correspondances entre les productions humaines qui nous entourent et les structures langagières. Trouver dans les formes et les matériaux qui composent notre environnement des images renvoyant à la plasticité des différentes formes de discours.

Echonomie
Cette vidéo propose un voyage au sein d’images produites par la vibration d’une courbe, activée par la voix même du commentaire. Renversant l’ordre habituel du montage en voix off, l’image suit la voix et tente de lui correspondre. Cette voix, une voix de bande annonce, nous raconte une version de la Genèse revue et corrigée à l’aire des grands mythes économiques. Relatant l’histoire de la disparition des lettres au profit des chiffres, ses interventions sont entrecoupées de formules chantées à la manière des polyphonies grégoriennes.

Addition

jérôme GRAS
« Micro-événements, mises en scènes et situations dérisoires, actions symptomatiques, fictions absurdes ou apparitions intempestives ? Mon travail se fonde sur une approche performative du réel où dérives paysagères, déambulations, traversées et vagabondages multiples fournissent l’occasion d’entrer en médiation avec l’espace, l’environnement, pour "trouver sa place", s’inscrire dans une relation. Art de résistance à la "norme", je pratique la délocalisation, l’exploration sensible du réel en réagissant au contexte. […] Ces expériences de terrain sont l’occasion d’affirmer une posture, un positionnement (engagement) par le biais du corps. […] Il n’y a pas de finalité précise à cette activité, sinon le souci de la perte (désappropriation) en provoquant des disjonctions, des "rencontres", des "passages", en activant des "trajectoires", des "écarts". »

Défi
"L’Art est un sport comme les autres ; en conséquence, il nécessite un entraînement intensif..." Un personnage fait l’expérience douloureuse des principes de la "pensée positive" (self-motive) au travers d’une mise en scène absurde.

Germain HUBY
pour l’émission « Die Nacht/La Nuit » de Paul OUAZAN Atelier de Recherche d’Arte France
« Mettre au jour la structure interne d’un produit télévisuel, c’est montrer que tout en connaissant ses mécanismes et les manipulations que ceux-ci provoquent sur le spectateur, on peut les aimer et leur attribuer une valeur, ne serait-ce que celle justement de pouvoir se prêter à l’analyse ».

Germain fait sa télé
« Germain fait sa télé est une série de huit épisodes dont est ici présenté le sixième : "Les informations" (l’insécurité). Dans cette série, qui se compose d’épisodes très courts, j’incarne un personnage dont le quotidien pourrait ressembler à celui de Monsieur tout le monde. Cependant une sorte de dédoublement de la personnalité s’opère sur ce personnage qui ne s’exprime qu’avec les voix des protagonistes de la télévision. Cette proposition souligne évidemment avec humour les effets de projection et d’identification du spectateur aux vedettes du petit écran. Ce personnage un peu fou, possédé par la télévision, incarne à l’extrême la fascination que nous avons tous (à différents degrés) pour ce médium. […] En détournant les bandes-son des programmes télé et en les plaquant sur les images de « mon quotidien », se produit un décalage opérant comme un filtre, qui permet au téléspectateur d’accéder à un autre niveau de lecture. La mise en relief de la bande-son dépouillée de son image d’origine (puissance de séduction) dévoile la pauvreté imaginaire, et révèle parfois les propos idéologiques ou les « messages » cachés derrière les apparences spectaculaires. »

Pascal LEROUX
Né en 1965 à Cherbourg. Vit et travaille à Nantes. Poursuit actuellement un ensemble de recherches et d’expérimentations mix-médias (dispositif, installation, film, vidéo, son), au sein du Collectif LaValise et dans son travail personnel. « A l’instar de Roman Signer, Pascal Leroux se présente plutôt comme un "déclencheur". […]Derrière ces "petits spectacle amusants" Pascal Leroux organise ainsi des attentats pudiques, accidents hypothético-déductifs intentionnels qui menace avec candeur une société du virtuel et de l’assurance. Parfois, le spectacle cesse quand démarre le basculement. » (Extrait, David Zerbib Nécessité de l’accident / Catalogue festival Bandits-Mages / 2001)

vite
Le mot vite (inversé) est fixé sur le mur du quai de la gare d’Oudon pour le passage des TGV.

Sabine MASSENET
Sabine Massenet est vidéaste. Elle est née en 1958. Elle vit et travaille à Paris, explore le portrait, une thématique récurrente dans son travail, avec une ouverture sur le langage. Sa recherche explore également la résonance des images dans la mémoire collective ou privée.

Je comprends moi aussi le langage des oiseaux
Vidéo réalisée pour le théâtre à partir des lettres de prison de Rosa Luxemburg, en 1999. « Rosa Luxemburg est incarcérée à Berlin en 1915 pour “incitation de militaires à la désobéissance”. En prison, la censure est sévère : elle adresse de nombreuses lettres à ses amis où elle parle de tout ce qui la passionne en dehors de la politique. Et tout particulièrement des oiseaux, dont elle dit “comprendre le langage”. Elle voit, dans certaines de leurs attitudes, un exemple de structuration du social proche de ses convictions politiques. Le film est composé d’images tirées de documentaires animaliers sur les oiseaux. Le commentaire classique de ce type de film glisse petit à petit vers un discours politique de Rosa de 1915, prémonitoire quant aux conséquences de la guerre de 1914-18. »

Je ne me souviens plus
Dans “Je me souviens”, Georges Perec dresse une liste de souvenirs fragmentaires, la plupart liés à son enfance. Une mise à l’épreuve de la mémoire afin de reconstruire le passé. Ici, des enfants mettent en avant les hésitations de la mémoire dans le processus de reconstruction d’une narration. Pour réaliser ce film, j’ai réutilisé les rushs de “et puis àprès”. Ici, lhistoire du petit chaperon rouge a totalement disparu.

 
 
 
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