les activités
 
- Cycle "Fiction d’objet" (1) / oeuvres sonores et visuelles

à l’ENSCI/les ateliers, Studio de Création Vidéo
48 rue saint Sabin 75011 Paris
Le 16 mars 2009 à 19 heures 30


Première partie

Thomas BARBEY
Capital-beauté
- 1 min. 28 - 2000

La beauté est une forme du capital, une valeur exponentielle, un investissement.Ce n’est plus un objet de désir mais un objet fonctionnel, homologue des objets asexués.
Inversement, le moindre des objets investis implicitement sur le modèle du corps/objet de la femme, se fétichise pour que la force du désir puisse se muer en demande d’objets/signes.
Ici les femmes deviennent objets, et là les objets sont sexués.

Jérôme GRAS
Ring
- 2 min. - 2002

"Il existe des lieux qui semblent porter en eux le fait divers, le psychodrame (aires d’autoroutes, zones péri-urbaines...), où l’on se dit qu’ici tout peut arriver... on imagine le pire".
Une aire de parking désertée devient le théâtre d’un affrontement insolite et étrange. Un personnage y est en prise avec un objet récalcitrant.

Franck et Olivier TURPIN
Tango - 5 min. 10

LES SIAMOISERIES
« Le couple centrifuge » ou la mécanique du contact.
« Les Siamoiseries » interrogent l’espace, physique et mental déployé entre nos deux personnes. Le couple de jumeaux que nous formons est bi-polaire, à la fois solidaire et ennemi, haineux et aimant. Les objets ergonomiques que nous créons nous lient et nous rendent siamois. Ceux-ci ne se portent pas mais se supportent, par nous exclusivement. Rigides, ils nous contraignent et séparent nos corps d’un mètre de distance. L’énergie centrifuge que notre être commun dégage nous précipite vers des mouvements incontrôlés. L’un distance l’autre et réciproquement. « L’Homme qui marche » devient vivant et double. Par ces subterfuges, nos liens gémellaires se révèlent dans ces quatre vidéos. Celles-ci auraient donc un sens : rendre visible la signe intrinsèque de notre existence.
Franck et Olivier Turpin - 1998
Réunissant les 3 siamoiseries, Tango agit comme une camisole de force. Il s’apparente à une danse (d’où son nom), où chaque mouvement produit par l’un condamne l’autre à une maitrise de soi pour ne pas chuter ensemble..

Loïc CONNANSKI
Georges Perec seul dans sa piaule
- 2 min. 40 - 1991

Trente ans après LES CHOSES. En même temps que l’effondrement du bloc de l’Est, un humain occidental arrive enfin à être l’égal d’une chose.

Loïc Connanski ne fait pas de concessions, ni au bien-pensant ni à la mode. Il montre qui il est, là où il est (dans son appartement, dans la ville, dans la vie). Et son réel résiste, face aux « vitraux numériques qui, petit à petit, transforment la planète en une immense cathédrale cathodique ».
Un indispensable contrepoint aux fabulations médiatiques. Il a écrit, interprété et réalisé une centaine de vidéos depuis 1991.
Annie Zimmermann. Urbanisme n°342

Terrence HANDSCOMB
Heat (knowing your appliance)
- 5 min. 27

Avec la chaleur, tout devient chaud, très chaud.

Raphaël BOCCANFUSO
©opyright (mise en vente)
- 1 min. 30 - 2007

Le nouveau projet de Raphaël Boccanfuso pousse encore plus loin le brouillage entre créativité et propriété. Il choisit les deux auxiliaires « être© » et « avoir© » dans la typographie utilisée dans les catalogues d’exposition et les supports de communication du MAC/VAL pour les déposer, agrandis et transformés en « images », auprès de l’Institut national de la propriété industrielle (INPI, dépôt dans une « enveloppe Soleau »). Il devient ainsi détenteur du graphisme, et au-delà du sens qu’il véhicule : une astuce pour s’approprier ce qui ne lui appartient pas, pour contaminer les publications du musée... et pouvoir potentiellement attaquer en justice toute personne qui utiliserait ces mots dans cette police sans les faire suivre de son copyright. Pour repointer les circuits utilisés, et en respectant le champ sémantique, il met en vente aux enchères « avoir© » et reste propriétaire d’« être© ». Cette fiction où l’on peut acheter les droits d’exploitation d’une image qui n’a finalement pas d’intérêt renvoie l’art à son absence d’autorité légale, en même temps qu’elle s’inscrit dans une longue histoire de jurisprudences où Brancusi peut affronter les douanes américaines, Duchamp signer un objet manufacturé et Klein multiplier les dépôts à l’INPI. Le recours au droit d’auteur permet à Raphaël Boccanfuso d’interroger la valeur et l’originalité de l’œuvre d’art, celui au copyright souligne l’assimilation de l’œuvre à une marchandise et de l’auteur à un marchand. La pensée de l’original en art peut bien n’être© plus d’actualité, c’est toujours une porte d’entrée du juridique dans l’artistique... terrain mouvant pris de front par les pratiques artistiques du XXe siècle, menaçant de devenir une véritable pente savonneuse...


Seconde partie

Extraits de pièces musicales de Pierre Schaeffer, Yann Parenthoën et Roland Cahen

 
 
 
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