les activités
 
- Yokohama VDO Collection 09

à la RedBrick. Yokohama. JAPON
du 16 au 30 juin 2009


À l’occasion du 150ème anniversaire de l’ouverture du port , premier port du Japon, et du Mois de la France à Yokohama, Philippe Laleu, directeur de l’institut franco-japonais à Yokohama nous propose une réflexion autour de “l’évocation du port” pour l’exposition de la 4ème édition de Yokohama VDO COLLECTION 09 au RedBrick.


attache et autres passages

une proposition de véronique barani
avec l’aide des artistes présentés
et du Frac Alsace pour Marcel Dinahet

Cinq ’cellules’ de 8 mètres sur 4.
Un parcours dans l’intimité de chaque installation.

Dans un rapport direct aux éléments que sont l’eau, l’air et la terre, Marcel Dinahet nous fait explorer, caméra au corps, les espaces du niveau zéro dans une fluide instabilité. Notre rapport à ce que l’on voit, ce que l’on construit, s’en trouve alors totalement bouleversé.

‘L’intérêt que je porte à la vidéo a toujours été associé pour moi au sentiment de disparition. Toute production artistique, tout geste artistique s’inscrit dans une résistance à la disparition, qui est notre condition, notre inéluctable condition.’ Françoise Parfait
Un fac-similé d’une page du journal Le Monde, la voix d’un homme vendant des journaux en faveur de la réinsertion des SDF à la gare du Nord à Paris qui répète sans cesse ‘ralentissez !’, une vidéoprojection, cette pièce parle de l’immigration, d’apparition et de disparition dans des variations du sens qui nous incluent en elles-mêmes.

Anne-Marie Cornu a conçu un dispositif de filmage. Ses mouvements construisent des géographies de l’espace qui nous sont données par fragments, une topologie en tant que géométrie de situation. La mise en forme de l’image nous invite à évoluer entre des variations de temps.

Dans toutes les civilisations, les religions, les mythes, l’eau est source de vie, de régénérescence. L’eau est une promesse de développement, un infini des possibles.
La proposition de Christian Barani oscille entre une plongée caressante dans l’image et l’évocation de la souffrance du Staber Mater.

Terre ! de patrickandrédepuis1966
Une lente apparition silencieuse.
Un bateau entre au port, manœuvre et n’en finit plus de ne pas arriver. Dans ce long plan-séquence baigné d’une lumière scintillante, la silhouette d’un navire nous entraîne vers la tension du huit clos qui s’approche lentement, menaçant, jusqu’à l’instant où il dévoile son identité, dans un basculement d’échelle qui nous submerge.


Marcel DINAHET

Depuis 1986, le travail de Marcel Dinahet est en rapport avec le milieu marin et sous-marin, le littoral. Ses premières sculptures étaient réalisées avec des éléments de la mer - conglomérats de coquillages - ou qui leur ressemble : minéraux, argile... Souvent reliées entre elles par un filin, elles étaient placées sous l’eau, à environ sept mètres de profondeur. Ensuite l’artiste filmait cet espace particulier qui possède un temps et une activité propres : la mer, vérifiant ainsi la permanence de l’action du milieu aquatique sur ces objets amenés à disparaître.
Aujourd’hui, Marcel Dinahet témoigne différemment de cet abandon à la nature.
Dans ces œuvres sensuelles où la caméra en véritable instrument optique révèle des phénomènes et des déplacements dans notre vision, des images métaphoriques, il est question d’errance, de disparition, d’horizon, d’espaces reflétés, de lumières et de passages... Sophie Legrandjacques

Le Port de Strasbourg
30 min./ 2008
couleur/sonore
vidéoprojection en 16/9 - boucle -

Vidéo réalisée au Port du Rhin à Strasbourg
Achat par commande à l’artiste en 2008 / Prêt du Frac Alsace


Françoise PARFAIT

Artiste, universitaire, essayiste (entre autre : vidéo, un art contemporain)

RALENTISSEZ !
3 min. 05 /2007
vidéoprojection échelle 1- bas de l’écran au sol
pièce sombre – son spatialisé, enveloppant
document accroché au mur : fac-similé de la page du journal Le Monde.
boucle

Un document accroché au mur : Fac-similé de la page du journal Le Monde. Photographie AFP parue dans le journal Le Monde daté du dimanche 24 – lundi 25 septembre 2006 Légende : « Avril 2001 : clandestins cachés dans un camion sous des marchandises et découverts lors du passage du véhicule aux rayons X ».

Titre de l’article illustré par l’image :
“Jusqu’où contrôler l’immigration ? Le juriste bruxellois Philippe de Bruycker prédit les dangers d’une politique de fermeture généralisée des frontières de l’Union européenne et s’inquiète d’un recours accru aux nouvelles technologies.”

…………

Une image de presse, à la fois magnifique et effrayante, est scannée (numérisée) et traitée avec un système de caches et de volets mimant un scanner qui balayerait celle-ci pour l’analyser (passer au scanner comme on passe une radio, on passe à la douane, ou à la désinfection). Le quatrième passage découvre l’image en entier, qui petit à petit disparaît dans le blanc de la surexposition.

Le son polyphonique tresse ensemble des sons enregistrés dans une gare et la voix d’un homme qui crie “ralentissez” sur différents registres. C’est la voix d’un homme qui vendait des journaux réservés à la réinsertion des SDF à la gare du Nord (Paris) dans les années 2000 (cf. Réverbère ou La rue).

L’image : sa signification est flottante (hommes au bain, sieste à l’ombre d’un chantier, tribunes d’un terrain de foot, la Scène…) La qualité radiographique de l’image accentue encore son ambiguïté et révèle son caractère fantomal : 11 corps réduits à des découpes, déjà consumés par l’irradiation des rayons X, le faux éclairage qui rend tout corps anonyme ; échographie d’hommes déjà parvenus au pays des ombres.

“Ralentissez” dit la voix que répète l’écho avant que notre vitesse ne nous entraîne, corps et biens, dans une chute inéluctable ou nous précipite vers ce mur des violences économiques dont nous nous plaisons à repousser sans cesse l’éloignement vers des horizons crépusculaires.


Anne-Marie CORNU

Née en 1961 à Poitiers,
Diplômée de l’Ecole Nationale Louis Lumière Chef opératrice
Université de Paris III - Diplôme d’études et recherches cinématographiques et audio-visuelles
Aide à La recherche DNAP 1999,
AFAA Génération 2001 Projet de Célia Houdart,
DICREAM Aide à la recherche 2007
Depuis 1993 réalise des films et des installations en France et à l’étranger.
Co-fondatrice d’un laboratoire de cinéma expérimental : L’Abominable
Membre du groupe de recherche atelier 110, regroupant artistes et architectes.

360Barcelone
11 min. / 1999-version numérique 2009
couleur/muet
vidéoprojection
boucle

Les prises de vues sont effectuées en faisant tourner trois caméras fixées sur un disque. Elles captent en même temps des images dans trois axes situés à 120° l’un de l’autre. L’enregistrement débute par une phase statique. Puis le disque est débloqué. Suivant l’action menée sur le disque ou la réaction du dispositif aux conditions extérieures, la vitesse de rotation des caméras varient.

Ce dispositif a été expérimenté une première fois à Rotterdam. Il est à l’origine d’une installation réalisée à la Galerie Fotomania, exposition Latente Bild-Studio Een-Juillet 99.

Cette pièce est à l’origine un principe d’action. A ce jour plusieurs versions existent. Chaque présentation provoque de nouvelles prises de vues à l’aide de ce dispositif. Il existe actuellement trois versions de cette pièce (360Rotterdam, 360Barcelona, 360Torino) auxquelles s’ajoutent toutes les nouvelles versions réalisées sur support numérique. Tout comme pour 360, les versions numériques fixent une fois pour toute le rapport entre les trois films.


Christian BARANI

Christian Barani investit les domaines de la réalisation, de la diffusion et de la transmission. En tant que vidéaste, il décide depuis 1997 d’intervenir dans la sphère du documentaire pour des enjeux éthiques et politiques. Cette recherche est fondée sur un dispositif de tournage qui procure au plan un statut d’acte performatif et la narration se développe sous forme de fragments. Ses vidéos sont présentées en Europe et à l’étranger. Il collabore régulièrement pour l’atelier de recherche d’Arte.

Staber Mater
5 min. / 2001-version 2009
couleur/sonore
vidéoprojection
boucle

Mise en images du Staber Mater du quatuor vocal de Giovanna Marini.
Un soir, en Italie, au bord du fleuve l’Arno, des images abstraites pénètrent la caméra dans un plan séquence, je pense à Fra Angelico.


patrickandrédepuis1966

patrickandrédepuis1966 est vidéaste, plasticien et performer.

Après des études en école d’art de Dijon et de Nantes, il termine son cursus au Fresnoy, Studio national des arts contemporains. Il développe depuis 1994 son travail à travers une multitude de formes. Cette liberté de médium est pour lui des passages où il expérimente la liberté que peut aujourd’hui offrir une expression plastique. Des actions nommées « actes » croisent des installations et des vidéos où il agit non comme un acteur mais comme une manière agissante. Ses derniers travaux consistent à recouvrir des bouées ou formes gonflées par des adhésifs. Ainsi la forme réinvite le regard et le corps de ceux qui la regardent. Il revendique la légèreté et l’immédiateté de ces formes. Depuis 2007, il travaille des pièces avec la chorégraphe Christine Jouve. Après « France-Algérie » présenté à Montpellier danse, un deuxième spectacle « une place sur la terre » sera créé fin 2009. En 2008, il reprend son travail de performance et présente ses dessins.

Terre !
15 min. / 2009
couleur/sonore
vidéoprojection
boucle

Lentement, dans la lumière du levant, un bateau se dessine et se détache des bâtiments de l’horizon pour venir au plus près de nous dans le port de Sète.
La lumière joue lentement avec la masse qui s’approche donnant tour à tour des formes imagées déjà lointaines du moment présent : île à la dérive, bateau de guerre, île des morts chère aux peintres du XIXème siècle, épave, masse menaçante pour enfin redevenir un bateau de croisière.
La caméra au bord de l’eau filme l’événement dans sa simplicité et dans son étonnant spectacle quotidien.

 
 
 
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