les activités
 
- MALANDRA-GENS au Centre d’Art Contemporain Faux Mouvement

Place Saint Louis 4 rue du Change METZ
Le 29 juin 2005


Commissariat Edson Barrus dans le cadre d’un été brésilien :

ARTISTES PRESENTÉS :
Antoine BOILEVIN - Terrence HANDSCOMB - Serge Le SQUER - Sara MILLOT - David ORTSMAN - patrickandrédepuis1966 - Andrej and Julia VELIKANOV - Brigitte ZIEGER

crédit photographique : © Antoine Boilevin (21 jours x 1 min)


- SÉQUENCE I -

Serge LE SQUER (France) :
Et que ça tourne. triptyque vidéo.
1 min 14/4 min 30/6min50 - 2000
Ces vidéos mettent en jeu les corps et le temps. "Et que ça tourne" est une expression banale de notre société contemporaine. Elle exprime la volonté d’un mouvement vers l’avant. Cette injonction pour continuer cette marche au travail se transforme en un mouvement absurde qui s’auto-reproduit. Trois mouvements et trois rythmes différents.

Antoine BOILEVIN (France) :
21 jours x 1 min - 2005
Rio-de-Janeiro, des tickets de loteries, un rasoir affûté, le bondinho, une église, des bougies, le secrétariat, la police militaire, un jus de fruit, le journal, les cerfs-volants, la favela, forró, un tatouage, le bus, des planches contacts, le rythme à la bouche, regard de la colline, un point de vue, un plan séquence, une minute.

patrickandrédepuis1966 (France) :
Les cœurs mangés - film court pour deux ou trois gestes. 6 min - 2004
Un groupe de patients et d’aides soignants de l’hôpital de Perpignan ont été durant quatre mois réunis pour un travail vidéo autour de la mémoire, le geste, le costume. Ce travail tente de poser des questions autour du temps et de sa relativité. Quelle est la valeur du temps lorsque l’on a perdu la mémoire ou quand il faut une éternité pour accomplir un simple geste ? L’indépendant

Brigitte ZIEGER (Allemagne) :
Mondwest. 4 min 10 - 2003
Le robot qui fume ignore tout de sa combustion, de sa destruction lente rythmée par un souffle amplifié. Ce spectacle étrange est lui aussi éphémère, puisqu’il sombre dans un smog aux veloutes vertes et rouges s’emparant peu à peu de l’écran. Cette fiction gagne progressivement le spectateur qui prend conscience d’être au cœur des lueurs tamisées d’émanations fumigènes.

David ORTSMAN (France) :
Père raconte une des raisons pour laquelle il a divorcé d’avec Mère.
3 min - 2005
Mon Père raconte une des raisons pour laquelle il a divorcé de ma Mère.

Terrence HANDSCOMB (Nouvelle-Zélande) :
The Revelation / The Passion According to Andrei. Vidéo performance.
5 min 50 - 2005
Cette performance pose la question des tortures politiques. Le but fut également de rendre floue la distinction entre le pouvoir absolu et l’abus absolu. L’abus du pouvoir politique se justifie souvent (et malencontreusement) sur des valeurs morales, qui, inévitablement, dissimulent les constituants érotiques de tout abus.
La pièce tente de démontrer comment la relation entre la peur absolue et l’abus de pouvoir est extrêmement proche. La prise de vue eut lieu dans mon appartement à L.A. avec une camera pour enfant de 1978 : une PixelVision 2000, qui fut une camera culte aux USA, connue pour sa basse résolution analogique. J’ai connecté directement cette caméra sur mon powerbook, via un câble analogique/DV.

Andrej et Julia VÉLIKANOV (Russie) :
Terminator III. 4 min - 1996
L’homme-chien. Performance.


- SÉQUENCE II -

Sara MILLOT (France)
Dancing Voice - Meredith Monk - Singing Body : 27 min - 2005
Instigatrice aux Etats-Unis du mouvement d’abstraction musicale et vocale, Meredith Monk a développé au fil des années son propre vocabulaire, s’éloignant progressivement des mots pour prêter attention au souffle, au rythme et aux images de la voix. Lors d’un workshop à Bordeaux, la caméra accompagne et filme les corps au travail. Tout au long du montage, le champ du visible entre en tension avec celui de la voix ; les corps parfois se mettent à chanter et les voix à danser, comme si « chanter était un tout autre souffle. Un souffle pour rien. Un vol dans le Dieu. Un vent. »(Rilke)


MALANDRA-GENS : yann beauvais et Edson Barrus

L’art contemporain du Brésil est singulièrement mal connu, même si quelques personnalités parviennent à franchir les frontières pour accéder à une réputation internationale. Institutionnellement peu soutenu, il existe avant tout grâce à l’énergie des artistes eux-mêmes. Le marché de l’art en soi n’est pas très développé malgré l’existence de galeries d’envergure dans les grands centres et l’impact de la Biennale de São-Paulo. Pour se faire entendre (ou voir), les artistes comptent d’abord sur leurs propres forces, produisant ainsi, malgré les difficultés, une scène active et engagée. L’art brésilien actuel s’exprime en particulier dans des dispositifs souvent à base de performances à la limite de l’engagement politique. Souvent réunis à l’intérieur de collectifs, ils utilisent l’énergie du groupe pour créer des manifestations alternatives sous la forme d’expositions de courte durée ou d’actions urbaines.

L’objectif de cette exposition est de rendre compte de la vitalité de la scène artistique au Brésil. Pour cela, le choix des artistes invités ne s’est pas nécessairement porté vers les figures internationales déjà considérablement sollicitées, mais de faire un travail plus directement en prise avec les mouvements internes au Brésil. A part quelques exceptions notables, la plupart d’entre eux ne sont pas ou peu connus en France. Cependant, la qualité de leurs travaux et la dimension de l’engagement qui s’y exprime ne sont pas sans surprendre. La question profonde qui traverse cette manifestation est celle de l’altérité : c’est une préoccupation majeure des brésiliens qui va se trouver en jeu ici, particulièrement dans la série de performances urbaines intitulées Malandra-GENS. Pensé dans un rapport transversal entre différentes expressions artistiques, l’événement accueillera aussi bien artistes (poètes, danseurs, plasticiens, performeurs) que chercheurs et théoriciens (un historien de l’art, une psychanalyste, des critiques, des enseignants).

 
 
 
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