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"Les Turpin" de Lise Guehenneux - Hacked by Thanos Fz
la collection

TURPIN Franck et Olivier - France

 

Les Turpin, cela sonne comme une association de malfaiteurs, de monte-en-l’air façon «Gang des postiches», de bandits de la petite semaine ou d’associés véreux entre Paris et Marseille. Mais tout a commencé en Bretagne, pays de légendes et de monstres hybrides qui peuplent les champs et les bois, hantent les grottes marines ou les brumes bruineuses recouvrant, ça et là, les marais salants.
On y trouve également le turpin-turpin, être non identifié, qui se déplace en paire siamoise. Depuis son enfance, le-dit phénomène remplit les albums-photo ainsi que des mètres de petits films super 8. Ces représentations opèrent un redoublement du double qui a accentue encore l’homothétie des deux homo-sapiens.
Les jumeaux Franck et Olivier Turpin en sont le centre, excluant les autres personnages qui s’effacent afin de révéler mieux cette incidence. Le jeu de rôle est là, simple et complexe. Franck et Olivier Turpin y sont entraînés depuis leur naissance surprenante et accidentelle. Et les «Siamoiseries» sont enregistrées, telles des grimaces corporelles que ne renierait pas la physiognomonie, selon des modes de déplacement voisins du ressort et de l’effort burlesque et moderne d’un Jacques TATI. Les actions des acteurs forcent une mise en situation où le parcours dans le paysage revêt parfois la magie de la simple apparition.
Mais le trucage n’existe pas là où réside l’énigme du pareil, du même et de l’autre, qui met en échec toute tentative de morphing, puisque celui-ci n’a pas lieu d’être construit par quelque artifice formel.
Le centre est donc ailleurs, dans un noeud, marqué parfois par un seul accessoire, une sculpture ou un appendice portable comme l’utilise l’artiste Franz WEST (chaise d’enfant, casquette, bottes, langue...), yoyo qui se fait et se défait constamment.
La représentation s’assure du poids des choses en partant de la sculpture en même temps qu’elle prend la mesure de la projection extérieure, laissant les corps, tels des mannequins basiques, néanmoins très réalistes.
Les voyant ainsi, à distance aussi, les acteurs Turpin redoubleraient aussi d’attentions. Selon la façon dont ils regardent ces doublures lumière au rôle d’étalon, les Turpin ajustent leur tir et se préparent à tester de nouveaux paramètres de jeu.
D’autres dispositifs, expérimentés dans un lieu calculé, qui tient du laboratoire neutre ou de la chambre de représentation, permettent la mise au point de mouvements plus restreints et plus condensés. De la plage intemporelle et préhistorique des vacances, à l’espace pictural retrouvé par insert photoshop, ces «petites histoires avec les morts» déforment les similitudes qui, malgré toutes les vaines tentatives, refont surface.
Alors, les Turpin, frappés par cette aventure du sort que rien n’arrive à effacer, continuent leur chemin en arpentant toutes les scènes, des plus quotidiennes aux plus extra-terrestres, afin de voir jusqu’où tiendra le clownage des clones.
Lise Guehenneux
Poissy, le 29 septembre 1998

 
 
 
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