les activités
 
- éof

15 rue Saint Fiacre 75002 Paris
Le 20 février 2005


à l’invitation de Serge Ramon et Kiko Herrero

ARTISTES PRESENTÉS :
Emmanuel ADELY - Christian BARANI - Thomas BARBEY - yann beauvais - Raphaël BOCCANFUSO - Philippe CHARLES - Loïc CONNANSKI - frédéric dumond - Jean-Michel ESPITALLIER - Daniela FRANCO - Agnès GEOFFRAY - Valérie MALEK - Philippe LALEU - Sophie LECOMTE - Serge LE SQUER - Sabine MASSENET - David ORTSMAN - patrickandrédepuis1966 - Régis PERRAY - Olivier PIETSCH - Gisèle RAPP-MEICHLER - Franck et Olivier TURPIN - Andrej et Julia VELIKANOV

EN INSTALLATION :
Miles KINGSLEY McKANE
Morning Disolve. 40 min- 2004
Une étude de la lumière et de la perception du mouvement. La caméra regarde l’ouest, le soleil se lève à l’est. Une prise. La lumière remplit l’image.

Nombre de spectateurs : 200

crédit photographique : © Jean-Michel Espitallier


- SÉQUENCE I -

Serge LE SQUER (France) :
Pas à pas, les arpenteurs. 25 min - 2003
Dans un cinéma détruit et abandonné depuis la guerre, deux arpenteurs prennent des mesures à l’aide d’un décamètre. La ville se reconstruit en effaçant les traces visibles de la guerre et en faisant ressurgir les ruines d’un passé antique pour mieux oublier le passé récent des luttes fratricides. Bâtiments détruits, ruines archéologiques, constructions postmodernes, déchets triés et recyclés, constructions récentes abandonnées, le passé et le présent se télescopent dans une dialectique de la construction/ruine. La scène est à Beyrouth en 2002.

Philippe LALEU (France) :
Blind love song. 4 min 20
Une chanteuse de rue aveugle thaïlandaise nous chante une chanson d’amour, tube récent. Cette chanson nous transporte dans un monde exotique et pop. Nous sommes témoins d’un spectacle à la fois kitch, poignant et étrange.

Valérie MALEK (France) :
Café Casa Antonio, Madrid. 7 min - juin 2002
"Café Casa Antonio" propose une plongée dans l’univers visuel et sonore de Madrid. Les cafés, les places sont importants dans la vie quotidienne espagnole, des lieux propices à la fête, au débat public (aujourd’hui autorisé mais longtemps interdit dans le pays), un carrefour de solitude mais aussi de solidarités. En ouvrant mon regard au lieu, j’ai voulu des rythmes fragiles et instables propres au corps, aux gestes et aux objets, traduire une approche tactile des couleurs et des textures du monde.

Christian BARANI (France) :
URBAN VIDEO, Windhoek (Namibie). 32 min - 2005
La dérive produit une attitude, une forme assujettie au hasard et fait apparaître une vision personnelle de la ville traversée. Dans cette dérive, un trajet s’invente, un trajet qui tient compte à la fois de la géographie physique mais aussi de ma relation psychique à l’espace et aux personnes. Cette marche dans la ville devient une performance dont le résultat est une forme plastique, documentaire. Le territoire est représenté comme une expérience.
Dans ce rapport à la représentation de la ville, l’improvisation structure le désir de filmer et chaque plan n’est jamais tourné deux fois. L’intuition me fait déclencher l’enregistrement, sans jamais savoir ce qu’il va se produire. Filmer devient ainsi un acte performatif.
Avec ce dispositif, l’instant où la caméra pénètre le réel et le modifie, apparaît et questionne le processus “documentaire”. Cette dérive prend la forme d’un montage d’ambiances singulières liées à la diversité des espaces urbains traversés et des personnes rencontrées. Elle produit un collage urbain, une vision personnelle et esthétique de la ville.
"Urban video" est une série qui s’enrichit et se construit dans le temps.


- SÉQUENCE II -

Agnès GEOFFRAY (France) :
Stam. 3 min - 2002
Une personne bègue raconte une situation de rencontre.

David ORTSMAN (France) :
Mon frère. 4 min 30 - 1999/2000
Image expressionniste, légèrement cadrée en contre-plongée. Blême, je débite des insanités sur mon frère. Rêves éveillés de troc de têtes et de plantages de dents dans le dos.

Philippe CHARLES (France) :
Le rêve de Martin. 5 min 11
Un poulet qui dépèce tranquillement un lapin, une orgie sexuelle et déroutante entre deux poulets, une maison façon Ikea où ne subsiste que les traces fécales d’une présence animale... Le vocable animalier de Philippe Charles nous entraîne dans un univers où le grotesque désamorce constamment la violence sous-jacente des images. Entre malaise et ironie, les vidéo-installations de Philippe Charles ouvrent le champ d’une critique politique et sociable acerbe. La métaphore animale ainsi déclinée jusqu’à l’obsession nous renvoie à des problématiques bien humaines. Ne nous y trompons pas, au travers de ces mises en scène violentes et absurdes, l’artiste nous livre sa vision d’une société industrielle et déshumanisée, où l’asservissement et la bestialité sont omniprésents, contredisant par la même l’idée d’une utopie sociale (Rousseau), champêtre et bucolique. (Sandra Patron)

Oliver PIETSCH (Allemagne) :
Adorno. 1 min (boucle) - 2003
Un montage digital combinant la fameuse explosion de la tête dans "Scanners" de David Cronenberg avec la séquence de Theodor Adorno.

Franck et Olivier TURPIN (France) :
Le test de l’arbre. 2 min 53 - 2000
L’expérience du double.
"...Le turpin-turpin, être non identifié", se déplace en paire siamoise. Depuis son enfance, ledit phénomène remplit les albums-photo ainsi que des mètres de petits films super 8. Ces représentations opèrent un redoublement du double qui en accentue encore l’homothétie des deux homo-sapiens. Les jumeaux Franck et Olivier Turpin en sont le centre, excluant les autres personnages qui s’effacent afin de révéler mieux cette incidence. Le jeu de rôle est là, simple et complexe. Franck et Olivier Turpin y sont entraînés depuis leur naissance surprenante et accidentelle. Et les « Siamoiseries », (« la Boxe », la « luTTe » et « Les demoiselles ») sont enregistrées, telles des grimaces corporelles que ne renierait pas la physiognomonie, selon des modes de déplacement voisins du ressort et de l’effort burlesque et moderne d’un Jacques TATI. Les actions des acteurs forcent une mise en situation où le parcours dans le paysage revêt parfois la magie de la simple apparition. » Lise Guehenneux - septembre 1998

Sophie LECOMTE (France) :
Ocellia. 4 min - 2001
Entre battements d’œil et froissements d’ailes, la caméra scrute un œil mi-humain mi-animal, tel un ocelle captivant et impénétrable.

patrickandrédepuis1966 (France) :
Soliloques. 10 min - 2002
Construire une phrase a été le centre du montage de ce film et les mots une évidence. Ils s’organisent comme le début d’un récit, où l’on pose les dédicaces et où la première phrase donne l’intention. Les actions sont plus dessinées qu’auparavant, comme ces jeux où le style produit plus de sens que l’action elle-même.
Souvent pendant le tournage, j’ai pensé à Saint-François qui symboliquement, pour signer son engagement spirituel, enfila une robe bleue contre une défroque brune.


- SÉQUENCE III -

Christian BARANI (France) :
Alléluia. 2 min 30 - 2005

David ORTSMAN (France) :
Une minute de silence. 1 min - 2004
Claire Chazal nous regarde, l’air angoissé, bouche ouverte, ses épaules se soulèvent et s’affaissent au rythme de sa respiration haletante, de plus en plus forte. Un minute de silence anxieux au journal télévisé.

Andrej et Julia VÉLIKANOV (Russie) :
Some like it without sugar. 4 min - 1999
Un regard sur le corps de la femme-objet à travers des images de publicité télévisée. Dédié à Dimitri Shostakovitch.

Sabine MASSENET (France) :
Tears. 5 min 45 - 2004

Thomas BARBEY (France) :
Capital-Beauté. 1 min 28 - 2002
La beauté est une forme du capital, une valeur exponentielle. Ce n’est plus un objet de désir mais un objet fonctionnel, homologue des objets asexués. Inversement, le moindre des objets investi implicitement sur le modèle du corps/objet de la femme, se fétichise pour que la force du désir puisse se muer en demande d’objets/signes. Ici, les femmes deviennent objets, et là les objets sont sexués.

Daniela FRANCO (Mexique) :
Bach your own plumber. 1 min 56 - 1997
Extraits de la vidéo d’auto apprentissage « soyez votre propre plombier » (be your own plumber), dont le montage a été réalisé suivant la partition du clavier bien tempéré de J.S. Bach. Dans b.y.o.p. un plan équivaut à un temps, 2 plans = 1/2 temps, 4 = 1/4, etc..., de sorte que le rythme de la vidéo est inversement proportionnel à celui de l’œuvre originale. La séquence la plus longue fait 16 plans, la plus courte 2. les deux œuvres (celle de Bach et celle-ci) ont la même durée. il s’agit d’une pièce muette.

frédéric dumond (France) :
Les téléfictions
Les téléfictions sont un ensemble de pièces vidéos réalisées à partir d’émissions télévisées, principalement de séries américaines omniprésentes, parfois d’entretiens. Ce sont de courtes vidéos où chaque personnage se passe la parole et produit ainsi un récit que le montage construit. Chacune est une fiction et un essai video qui utilise les émissions télévisées comme un matériau de travail brut. Il s’agit d’en isoler des fragments qui permettent de basculer les séquences retenues sur un tout autre plan narratif et conceptuel, de manière à constituer un univers totalement différent, tout en conservant la trace de son origine.
- téléfiction #3. 3 min - 2003

Oliver PIETSCH (Allemagne) :
Drugged. 15 min - 2004
Qu’ont à voir des chefs-d’œuvre cinématographiques, associés et mêlés par fragments ? Tournés au rythme serré, les cadrages qu’Oliver Pietsch emprunte au cinéma et à la télévision, s’assemblent pour former un nouveau type narratif.


- SÉQUENCE IV -

yann beauvais (France) :
Still life. 12 min 30 - 1997
Ce film fait se côtoyer plusieurs discours vis-à-vis du VIH / sida. D’un côté, des textes écrits en anglais et en français (qui traduit quoi) apparaissent à l’écran à des vitesses variables et selon plusieurs modalités rythmiques, de l’autre côté sur la bande-son : des voix d’hommes. Les discours et les expériences du sida se croisent et font surgir par la fragmentation des modes d’énoncés qui articulent le politique au subjectif selon des modalités visuelles particulières. Le sida n’a pas disparu avec la tri-thérapie. On le banalise pour mieux l’occulter. Ce film inscrit aux travers de confrontations, des ruptures dans notre appréhension du VIH et du sida. Engagement d’un individu face à une civilisation qui promeut la disparition comme mode de vie. Il s’agit d’affirmer une altérité dans cette belle homogénéité aseptisée. Son Actus Tragicus de Jean-Sébastien Bach, Blue de Derek Jarman, David Wojnarowicz et Ben Neil, yann beauvais.

Jean-Michel ESPITALLIER (France) :
Mieux vaut prévenir... 3 min 30 - 2004
Mieux vaut prévenir... est un texte extrait de "En Guerre" paru en avril 2004 chez Inventaire-Invention. Par accumulation grotesque de noms de guerriers (ou de figures ridicules : Hulk, Rintintin, le gang de la banlieue sud, etc...), Jean-Michel Espitallier, fidèle à ses modes opératoires (liste, dérision, comique), parodie le discours de l’état-major américain qui, au cours de l’hiver 2002-2003, assurait que les Etats-Unis n’attaqueraient pas l’Irak tout en amassant des troupes un peu partout dans la région. Ce texte a été ensuite « machiné » par Pierre-Alexandre Loy et Nicolas Frize pour être projeté sur un mur de l’hôpital Saint-Lazare à Paris, à l’occasion des "Nuits blanches" 2004.

Raphaël BOCCANFUSO (France) :
Prendre la parole. 2 min 23 - 1997 _ Vidéo-performance interrogeant l’engagement politique aujourd’hui.

Emmanuel ADELY (France) :
Le couteau entre les dents. 5 min 10 - 2004
“Le couteau entre les dents” est un appel à la révolution, c’est un tract, un pamphlet d’une rare violence, dit son auteur, un hymne situationniste ? dit son auteur, ou plutôt c’est ce que voudrait être “le couteau entre les dents”, car comme tous les appels à la révolution “le couteau entre les dents” est plutôt d’une rare naïveté, une sorte de combat perdu d’avance, admet son auteur, un acte citoyen totalement démodé pour faire de chacun de nous un homo politicus, et en cela “le couteau entre les dent”s est absolument un échec, admet son auteur.

Sabine MASSENET (France) :
Je comprends moi aussi le langage des oiseaux. 7 min 30 - 2000
Rosa Luxemburg aimait les oiseaux. Elle disait comprendre leur langage.
Le film est composé d’images tirées de documentaires animaliers. Le commentaire classique de ce type de film glisse petit à petit vers un discours politique de Rosa de 1915, prémonitoire quant aux conséquences de la guerre de 1914-18. Guerre sinistrement fondatrice du siècle qui débute aujourd’hui.

Gisèle RAPP MEICHLER (France) :
Rosa Rot. 8 min - 1994/2001
Où les clinamens changeants de la neige devant les bouleaux installent un climat zen, la diction simple d’une lettre de prison de Rosa Luxemburg instille ensuite une subtile mélancolie, entre sens politique et sensibilité naturelle.

Régis PERRAY (France) :
Laver une épitaphe dans le cimetière protestant de Lublin.
3 min 40 - 2003
Une éponge et de l’eau réveillent, quelques instants, une épitaphe dans le mur de l’église protestante de Lublin, avant que l’eau ne s’évapore et que le marbre ne redevienne terne.

Andrej et Julia VÉLIKANOV (Russie) :
- Terminator III. 4 min - 1996
L’homme-chien. Performance.

Loïc CONNANSKI (France) :
- Nuit blanche. 4 min - 2004
Déambulation en moto dans l’événement "nuit blanche" d’un touriste de la culture qui comme tous les touristes ne veut pas en rater une miette, même si elles sont rassies.
- FIAC 2004. 3 min - 2004
Déambulation teigneuse d’un artiste non exposé, donc jaloux, dans la foireuse foire d’art contemporain.

 
 
 
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