la collection
GODON Norbert - France

Oeuvres :

- Addition - 4 min. - 2008

- Echonomie - 14 min. - 2008

- Voyage en Cellophanie - 7 min. 10 - 2008

- Espace Vert - 4 min. 13

- Lessivage Champêtre - 7 min. 30

Biographie :

Démarche d’ensemble

L’ensemble de mes vidéos partent d’un principe simple : travailler sur la zone de fracture entre un discours et les images qui l’accompagnent.

Chacune de mes pièces part d’une forme de discours identifiable : pour chaque vidéo, un discours associé à un type d’images. Je m’applique ainsi à détourner toutes les types de discours : politique, publicitaire, journalistique, artistique, universitaire… en partant de textes déjà existants, que je morcelle et recouds ou en adoptant simplement les codes d’énonciation pour produire de nouveaux textes. Les images associées fonctionnent sur des principes d’associations d’idées qui ont pour but d’éclairer le travail fait sur le texte.

Ces vidéos prennent place dans des dispositifs qui incarnent l’image et son discourt dans un univers quotidien, adapté au contenu spécifique de chaque film. Les assemblages qui accueillent ces vidéos mettent tous en scène le high-tech domestique en composant des sortes de machines dérisoirement futuristes, qui empruntent beaucoup au mobilier d’intérieur.

Les séries

Dans la série des Vidéovaccins, j’assemble des morceaux de plusieurs discours politiques qui font appel à la métaphore du corps pour parler de la société et de ses maux. Les images associées au discours ainsi recousu sont des enregistrement sur écran de bugs survenus lors de la lecture de vidéos sur le web. Sous l’effet de ces bugs, les images d’une même séquence se mélangent les unes aux autres pour générer de nouvelles images plus ou moins organiques. Ce qui est fait au texte est fait à l’image.

Dans la série des Préfabiqués Vidéo, j’associe des images issues de films destinés aux magasins de bricolage à des extraits de discours économiques, repris sur des magazines de management, en opérant un travail d’écriture simple : relever toutes les références à la construction et au chantier pour recomposer un nouveau texte, qui sera illustré de la manière la plus directe, la moins subtile possible. Les textes officiels qui exposent les programmes de l’éducation nationale ont également subi le même traitement et ont fait l’objet d’une vidéo dans la même série.

Dans la série des Vidéocalmants, reprenant l’esthétique lisse des images des bandes-annonces de films, ces vidéos détournent les voix suaves des discours de mise en condition du spectateur pour tenir des propos à teneur psychanalytique.

Dans la série des Machines à Mots, c’est le discours documentaire qui est détourné. Sur des photographies prises au réel, des propos abstraits sont tenus par une voix off au ton posé, établissant de faux rapports entre ce qui est dit et ce qui est vu. Parfois, seul le choix de certains mots sert à faire le lien entre l’idée et la prise de vue qui lui est associée. Les images de paysages se déroulent ainsi, non sur le fil d’une promenade mais sur celui d’un texte qui les déréalise totalement.

Dans la série des Déconstructions Documentaires, il s’agit de détourner les formes mêmes du documentaire par une déconstruction de ses formes et de ses codes : détournement de la fonction du témoignage ou de l’interview en portrait fixe, détournement de l’incrustation d’images d’archives, détournement des plans d’insère... La spatialisation des œuvres me permet également de dissocier les éléments constitutifs d’un film documentaire classique pour en révéler la construction et mettre à distance la valeur d’objectivité qui lui est souvent attribuée. Par exemple : proposer plusieurs bandes sons avec différents commentaires pour un même film, tout en séparant la musique, les effets sonores et la voix off pour laisser le choix au spectateur (Le Paradis Terrestre) ; présenter simultanément l’image de la personne qui témoigne et celle de fausses images d’archives artificiellement collées au propos tenu (La Partition)…

Enfin, certaines vidéos ne relèvent d’aucune série et s’intéressent à des formes de discours particuliers associées à des dispositifs filmiques qui leur sont propre. C’est le cas de la vidéo Affinités Electriques qui propose, avec une loupe de joaillier collé sur un écran de télévision, de filmer des visages de personnalités politiques transfigurées en nébuleuses de pixels, tandis qu’une voix off nous explique sur le registre du discours d’histoire de l’art, le rapport entre les trois couleurs fondamentales que sont le rouge, le vert et le bleu et leur rôle dans les débats électoraux.

Les Machines à Mots
Installations vidéo

Les Machines à mots constituent une série d’installations vidéo indépendantes mais complémentaires. Mettant systématiquement en scène un écran, chacun de ces dispositifs présente en boucle un film bref (de trois à six minutes) conçu à partir de photographies mises en mouvement lors du montage. La succession des images épouse le rythme des voix off qui les commentent : une image par phrase ou par un mot. Les textes qui composent ces voix off détournent à chaque fois une forme de discours : extrait de textes de lois, slogans publicitaires, discours d’histoire de l’art...

Le fait même d’utiliser la photographie comme point de départ du montage vidéo permet à la parole de ressortir sur elle en affichant clairement son rôle directif. Au montage, on voit ainsi clairement la manière dont les images sont transformées par les mots qui leur sont associés.

Ces vidéos sont insérées dans des dispositifs qui mettent en scène les appareils de haute technologie domestique, en étant assortis d’éléments dérisoires, forment des assemblages futuristes déjà désuets qui renvoient au culte inlassablement voué aux “nouveaux médias”.

Dans cet esprit, chacun des dispositifs est peint en blanc, à l’exception d’une zone exhibant une couleur unique très vive, à chaque fois différente. La blancheur assignée fait entrer l’objet dans le paysage du mobilier domestique, correspondant à un cetain idéal du propre, du soigné, du moderne.


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